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Mardi, 02 Juin 2009 04:32

Phénomènes de mode hollywoodiens (2nde partie)

Écrit par  David B.
Phénomènes de mode hollywoodiens (2nde partie) domaine public
Des années 1960 aux années 1990, les phénomènes de mode avaient un modèle, une figure de proue (James Bond ; Star Wars ; Indiana Jones), puis la tendance allait devenir plus diffuse (films-catastrophe ; super-héros). Le cinématographe est désormais devenu une industrie du divertissement. Mais les enfants du baby-boom sont devenus des adultes mûrs, maintenant plus préoccupés sur l'état du monde.
Dans le relais des deux décennies 1990 / 2000 sont réapparus les films catastrophes, certes en vogue dans les années 1970, mais que les tout nouveaux effets numériques ont permis de rendre plus crédibles. Il a fallu prendre le temps de les expérimenter : James Cameron les a inaugurés en 1989 avec ABYSS, puis en 1991 avec TERMINATOR 2. Et Spielberg a ouvert les vannes en 1993 avec JURASSIC PARK ! Dès lors, tout y est passé : tornade (TWISTER - 1996), naufrage (TITANIC - 1997 ; POSEIDON - 2006), volcan (LE PIC DE DANTE ; VOLCANO - 1997), menace venue du ciel (ARMAGGEDON ; DEEP IMPACT - 1998), menace venue de la Terre (FUSION - 2004 ; PHENOMENES - 2008), dérèglement climatique (LE JOUR D'APRES - 2004)...

Quand le thème (ici catastrophe) est généraliste, il y a concurrence effrénée car il peut être abordé de façons mutliples, mais dès que le sujet se précise, il y a rivalité ou désaccord entre productions... Rivalité : pour célébrer le demi-millénaire de la découverte de l'Amérique, le public a eu le choix en 1992 de voir relater ce pan de l'Histoire, avec Christophe Colomb sous les traits de Georges Corraface (CHRISTOPHE COLOMB : LA DECOUVERTE - de John Glen) ou de Gérard Depardieu (1492 : CHRISTOPHE COLOMB - de Ridley Scott)... Cette rivalité s'est révélée stérile, puisque les deux films ont été des échecs commerciaux. Désaccord : quelques années après, deux projets différents sur la vie de Pancho Villa circulaient en même temps à Hollywood, et la coïncidence voulut que chacun avait pour réalisateur sur le coup, Ridley Scott et Tony Scott ! Le sujet ne répondant à aucun anniversaire, tout a été abandonné et les deux frères ont, suite à cela, eu la sagesse de fonder leur propre société de production, la Scott Free Production...

Années 2000, notre décennie touche déjà à sa fin, et il n'y a pourtant pas assez de recul pour dire avec discernement, quelle mode dépasse toutes les autres. On peut toutefois relever deux orientations : l'une d'elles (aux Etats-Unis comme en France d'ailleurs), est de céder au biografilms (ou biopics). C'est bien simple, le seul nom d'un personnage célèbre est prétexte à retracer sa vie ! mais hélas, au détriment de toute intensité dramatique, quand le plus souvent il n'y a rien à raconter. RAY (2004) ou LA MÔME (2007), pour ne citer que ceux-là, ont été l'occasion pour leur interprète respectif Jamie Foxx et Marion Cotillard, de travailler à fond leur composition (impeccable au demeurant) car, attendus au tournant, ils allaient être automatiquement comparés à leur modèle... Mais au final cela donne des films sans vrai relief, ni réel intérêt - la seule "originalité" d'Olivier Dahan pour LA MÔME, est d'avoir fait exploser la chronologie du récit (mais hélas sans cohérence, ce qui donne un résultat anarchique). Il n'y a qu'un réalisateur qui semble avoir su choisir ses sujets, c'est Milos Forman, car à cet exercice, ses copies rendues n'ont jamais eu allure de brouillons : AMADEUS (1984 - fable sur la vie de Mozart) ; LARRY FLINT (1996 - éclaircissement sur le fondateur du magazine pornographique Hustler qu'on tenta d'assassiner) ; MAN ON THE MOON (1999 - évocation dramatique, voire tragique, du comique américain Andy Kaufman).

L'autre orientation de mode, concerne les adaptations de feuilletons télévisés populaires dans les années 1980 qui sont une manne pour les producteurs hollywoodiens (les jeunes téléspectateurs d'alors, sont devenus de jeunes adultes qui représentent la majorité de ceux qui, aujourd'hui, vont dans les salles obscures). Ainsi, après HULK ; STARSKY & HUTCH ; SHERIF, FAIS MOI PEUR... bientôt DALLAS et L'AGENCE TOUS RISQUES ! on pourra dans peu de temps compter sur les doigts d'une main, quelles sont les séries qui n'auront pas leur équivalent au cinéma (L'homme de l'Atlantide ? Manimal ?? L'homme qui tombe à pic ???)... Cette orientation de mode concerne aussi les adaptations de super-héros de BD (parfois du même domaine, comme HULK) qui sont évidemment plus motivées par les effets numériques, encore très récents rappelons-le. Car si les supers-héros (comme les films-catastrophe) ont toujours eu leur place dans le septième Art, la 3D ayant fait pulvériser les barrières de l'impossible en matière d'images, le regain d'intérêt pour les surhommes imaginaires est presque normal : leurs aventures sont rendues visuellement tout à fait "réalistes", ce que ne permettait absolument pas la 2D (dessins animés).

Mais dans le cas des héros de BD au cinéma, il ne faut pas s'en tenir qu'aux effets visuels, et voir plus loin. En effet, derrière l'écran "divertissement", on y débusque des métaphores...

Tiens, tiens ? N'a-t-on pas vu que les métaphores made in Hollywood sont révélatrices des troubles d'une époque ? (voir intro en 1ère partie)

2009 : le "super-héros américain" (ironique pléonasme), est une nouvelle métaphore de l'état d'âme de la société Etatsunienne.

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Dans SUPERMAN RETURNS (de Bryan Singer, 2006), le super-héros est représenté sous des allures christiques, en sauveur de l'humanité qui veille sur la Terre / le monde... et ce, de l'affiche jusqu'au coeur du scénario (le héros céleste y revient après cinq années d'absence, par exemple...). C'était le reflet d'une Amérique trop sûre d'elle, qui vivait encore menée sous les prédications du pieux président Bush.

Dans THE DARK KNIGHT (2008), le héros (humain sans pouvoir surnaturel, plus modeste) n'est, pour la première fois, même pas mentionné nommément dans le titre du film ! (symbole de honte ?), où Batman est davantage tourmenté sur sa légitimité de justicier, reconnaissant aussi sa part sombre de "chevalier"... Cette fois-ci, c'est une Amérique "gendarme-du-monde" plus critique envers elle-même, qui reconnaît piteusement ses propres méfaits hors de ses frontières. Il fallait sans doute la sensibilité d'un cinéaste européen (l'Anglais Christopher Nolan) pour lui faire assumer ce sentiment de culpabilité, aux yeux du monde entier.

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Conclusion(s) ?

Trois décennies entières (du début des années 1960 à la fin des années 1980) font figures de récréations insouciantes, entre deux époques où l'incertitude régna et règne en maîtresse : années 1940-50 avec guerre mondiale et guerre froide ; années 2000 avec crise générale et désillusion.

Témoins en sont les films que produit Hollywood.

Mais vu la multiplicité des films potentiellement faisables de nos jours, puisqu'il n'y a plus de réelles limites (exceptées financières !), face à l'équation offre / demande en constante augmentation, il sera peut-être difficile dans 50 ans, d'avoir une vision aussi sommaire sur le cinéma.

Mais d'ici là "wait and see" attendons de voir.

Les phénomènes de mode hollywoodiens (1ère partie)

1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire N.C. Vendredi, 12 Juin 2009 21:19 Posté par N.C.

    Pour les SUPER Héros :
    Qui n'a pas rêver d'etre quelqu'un de différent, d'être reconnu et être aimé de tous.
    Pour les Films CATASTROPHES :
    Nos craintes et nos peurs nous ont toujours attirés

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