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Mercredi, 22 Juillet 2009 13:27

Comment devenir maquilleur ? (1ère partie)

Écrit par  Alain Folgoas

 

Vous avez envie de devenir maquilleur, mais vous ne savez pas comment faire. Si vous êtes adolescent, vous vous renseignez auprès du Conseiller d’Éducation de votre collège ou lycée qui vous dira qu’il ne connaît rien d’officiel sur ce métier, mais qu’il y a des écoles privées très chères pour un avenir très incertain. Et pour cause : le métier n’existe pas encore juridiquement, donc officiellement, même s’il existe de fait depuis longtemps au théâtre et au cinéma depuis Méliès. Pourquoi ? Parce qu’il n’existe encore aucun critère administratif ni cursus national commun à toutes les écoles et conduisant à un diplôme national reconnu par l’Etat.

Ce métier, reconnu dans le monde entier, n’a pas encore de statut juridique en France. Il n’est donc pas admis aux registres des Métiers des artisans, ni au Registre du Commerce des sociétés. Il n’est pas davantage admis comme profession libérale, puisque celles-ci n’ont le droit de fournir que des conseils et non des services, exceptées les professions médicales. Autre possibilité, vous êtes un peu plus âgé, vous avez déjà un métier, mais vous voulez en changer. L’ANPE du Spectacle ne vous acceptera pas parce que bien évidemment vous n’avez pas encore les justificatifs nécessaires pour cela.

Alors, comment entrer dans une profession qui n’existe pas ? Je vais vous donner quelques pistes, sans rien pouvoir vous garantir, et vous expliquer les particularités de l’accès à ce métier.

Le statut

Qualification professionnelle et compétences légales

Un maquilleur n’est ni un coiffeur ni une esthéticienne, comme nous l’avons déjà dit dans une précédente chronique. Cela vaut non seulement pour le travail à fournir proprement dit, mais aussi pour la formation et le statut.

La formation en esthétique et en coiffure est commune à toutes les écoles de chacun de ces deux métiers et débouche sur deux diplômes d’état, le Certificat d'Aptitude Professionnelle (CAP) et le Brevet Professionnel (BP). De même qu’un coiffeur, une esthéticienne peut être engagée comme salariée dans un salon ou un institut de beauté ou travailler indépendamment comme artisan. Ces diplômes ouvrent une reconnaissance légale des compétences minimum et donne le droit juridique d’exercer les métiers considérés. Cette reconnaissance protège leur responsabilité civile et les autorise à prendre une assurance professionnelle s’ils créent un problème dermatologique à leur client. Sans ces diplômes, un maquilleur exerçant la coiffure court de graves dangers pour lui même et en fait courir à ses clients ou modèles, car il n’est tout simplement pas assurable.

Dans le cadre réglementairement légal d’une activité salariée sur une production de spectacle, si le contrat liant l'employeur au maquilleur le couvre normalement en cas de problème de maquillage, il ne l'autorise pas juridiquement pour autant à exercer le métier de coiffeur qui nécessite un diplôme officiel reconnu par l'État. En conséquence, tout maquilleur qui exercerait la coiffure sans un de ces diplômes, donc illégalement, pourrait ne pas être couvert par les assurances en cas de problème, et l'employeur serait civilement responsable. En cas de non respect de la législation c'est l'employeur qui assume la responsabilité civile et pénale. Sans contrat d'embauche formel, c'est le maquilleur qui est responsable civilement et pénalement, et en cas d'accident grave cela peut coûter très cher. Sur le plan pénal, on ne doit pas porter atteinte à la santé de la personne sur qui on travaille. Il est aisé de vérifier cette information auprès d'un assureur ou de la Fédération Nationale de la Coiffure. En attendant un éventuel (quoique fort improbable) changement de la législation française actuelle, il va de soi qu'il vaut mieux ne pas accepter les propositions de certaines productions qui voudraient que l'on fasse les deux, s'inspirant de l'Allemagne ou de l'Europe de l'Est où les réglementations professionnelles à ce sujet sont différentes.

Définition du mode de rémunération

En France, le statut juridique professionnel détermine le mode de rémunération et le prix réel du travail. Salarié, pour un salaire brut de 100 € vous percevez environ 80€, mais vous coûterez en fait à l'employeur environ 150 € puisqu'il devra payer des charges sociales, plus le temps payé à son comptable. Artisan, commerçant, libéral, si cela était légal, vous lui feriez une facture ou une note d'honoraire et ça ne lui coûterait rien de plus que les 100€ en question. C'est pour cela qu'il y a de plus en plus de propositions cherchant à contourner la légalité pour abaisser le prix du travail et demandant une facture pour le prix du salaire. Précisons cela clairement.

La seule définition française officielle, actuellement et en attendant une prochaine évolution de cette aberrante situation, est fiscale : le maquilleur est un technicien du spectacle, salarié, à employeurs multiples, en clair: un intermittent du spectacle. Dans le cinéma-spectacle (vivant et audiovisuel), il n'est donc pas juridiquement un "travailleur indépendant" ou "auto-entrepreneur" (prétendu équivalent du free-lance anglo-américain) et il n’est donc pas autorisé à faire des factures (commerciales, artisan ou société), ni des notes d’honoraires (professions libérales). Ceux qui s’y risqueraient tomberaient sous le coup de la loi et devront tôt ou tard subir de lourds redressements d’URSSAF et fiscaux. Sachez qu’en cas de note d’honoraires, le fisc prend 50% du chiffre d’affaire, et c’est à vous de payer vos charges sociales (retraite, assurance maladie et accidents du travail, congés payés, etc… Et, en période d'inactivité professionnelle, chômage, cela ne vous donne aucun droit à percevoir une indemnisation Assedic qui est l'assurance chômage des seuls salariés), sans compter un lourd travail de comptabilité tatillonne, celui-là même que les employeurs voudraient s'éviter. Toutes ces charges déduites, combien vous restera t-il sur la somme modique qu’on vous proposerait dans de telles conditions ? entre 23 et 25% seulement. Vous voyez donc ce qu’il faut demander pour gagner les 100€ dont on voudrait récompenser votre prestation ? 4 fois plus. Jamais on ne vous accordera 400 quand on vous propose 100. Comment donc estimer et faire payer son travail ?

Bien que hors cinéma-spectacle (mais est-ce vraiment "hors spectacle" ?), on veuille que le maquilleur fasse des factures de "travailleur indépendant" (prétendu équivalent du Freelance anglo-américain), à l’évidence, vous avez tout intérêt à ne pas accepter de telles propositions, même si elles sont de plus en plus fréquentes, en photo et mode notamment, et à demander fermement à être payé en salaires, légalement. Pour vous donner davantage de précisions sur les avantages et inconvénients de ce statut, je vous propose ce lien, mais il y en a beaucoup d'autres sur Internet.

Il est donc grand temps qu'enfin un statut juridique national reconnaisse la profession de maquilleur et ses particularités dans ses divers secteurs d'activité, car aujourd'hui, la Loi ne reconnaît que le statut de salarié intermittent et il n'est pas permis d'alterner les statuts de salarié et d'indépendant sans perdre ses droits sociaux. Mais ce n'est pas ici la place de trop développer ce problème. Pour ceux que cela intéresse, je les invite à consulter des spécialistes du droit du travail.

J'ignore malheureusement la situation dans les autres pays francophones où il y a du cinéma. Aussi, si des collègues et amis maquilleurs du Canada, notamment au Québec, de Belgique, de Suisse ou des pays africains pouvaient m'envoyer un topo clair et précis de la situation dans leur pays à cet égard, je pourrais en faire des synthèses et les mettre en ligne ici. Naturellement, ils peuvent aussi la publier directement en commentaire en bas de cette page. Je crois que cela pourrait être intéressant et instructif pour tout le monde.

La Voie Royale et la carte professionnelle

Avant les années 60 et jusque dans les années 70-80, avant la création et l’essor des écoles de maquillage professionnel actuelles, l’accès au métier était réglementé par les textes du Centre National de la Cinématographie, toujours officiellement en vigueur aujourd’hui, et se faisait par ce que l’on appelait alors la Voie Royale : on devait être stagiaire (apprenti, selon les termes des anciennes corporations) sur trois films français de long métrage, puis assistant (compagnon) sur six films français (ou co-productions majoritairement françaises) de long métrage, et de préférence avec un maximum de chefs-maquilleurs différents (on en apprend ainsi davantage qu’avec un seul), avant de pouvoir déposer un dossier de demande de Carte d’Identité Professionnelle de Chef-Maquilleur (Maître) au CNC, vous autorisant légalement à exercer le métier de maquilleur de cinéma. Une dérogation était parfois accordée s’il manquait un assistanat et qu’une occasion sérieuse se présentait. Légalement, elle est toujours exigée dans les productions sérieuses avant de signer un contrat d'engagement comme chef maquilleur.

Ce système existe toujours, et il faut encore en 2009 remplir les mêmes critères pour demander cette fameuse carte professionnelle qui est donc actuellement la seule garantie pour une production d’un minimum de formation du maquilleur responsable – puisque, rappelons-le, les "diplômes" des écoles privées (juridiquement de simples "Certificats de Scolarité") ne garantissent pas un cursus national commun réglementé et ne sont donc pas reconnus par l'État. Elle est obligatoire pour faire un film comme seul maquilleur, mais pas pour être stagiaire ou assistant d’un chef présent sur le tournage.

De plus, puisque nationale, elle est valable dans tous les domaines (LM, CM, téléfilms et séries, théâtre, etc…), même si la loi ne l’exige pas dans tous. Il vaut donc mieux l’avoir. Il n’existe à ce jour pas de carte professionnelle d’assistant maquilleur ni de stagiaire. Elle n’est jamais requise en mode, événementiel ou artistique.

Certains souhaitent voir disparaître les cartes professionnelles, prétextant que cela empêche de travailler (?), mais il me semble que ce ne serait pas juste, ni opportun. Laisserait-on pratiquer un intervention chirurgicale à quelqu'un de non qualifié ou une réparation auto ? Non, certainement pas. Il faut évidemment un minimum de qualification garantie pour faire un film comme maquilleur, comme en cuisine au restaurant ou en comptabilité dans une banque. C'est une sécurité non seulement pour le producteur et le réalisateur, mais aussi pour les acteurs sur la peau desquels le maquilleur travaille, et pour le maquilleur lui-même. Si cette carte disparaissait, comment attester vis à vis des tiers, employeurs divers ou assurances sociales, de la qualification du professionnel ?

Comment faisait-on alors ces fameux 3 stages et 6 assistanats ? Il fallait contacter des chefs-maquilleurs jusqu’à en trouver un qui ait besoin de quelqu’un à ce moment là, et il vous faisait engager par la production. Comme il n’y a pas d’emploi régulier dans ce métier, patience et persévérance étaient indispensables, et le découragement à proscrire.

Malgré les écoles, c’est encore le cas aujourd’hui.

Les écoles

Comme nous l’avons vu, il n’existe pas encore de cursus national commun obligatoire pour toutes les écoles, elles sont donc libres d’enseigner ce qu’elles veulent, comme elles veulent et au prix qu’elles veulent. Néanmoins, vous pouvez vous faire une idée de ce que devrait être un tel cursus minimum (chacun gardant le droit d'enseigner plus en modules supplémentaires) en lisant la chronique précédente : Les différents types de maquillage au cinéma. Pour bien vous préparer au métier de maquilleur de cinéma, vous devriez apprendre à faire tous ces maquillages, à les faire durer toute la journée et donc à les entretenir. En sortant de l'école, naturellement, vous ne pourrez pas encore tout maîtriser car vous ignorerez encore les conditions de la vie de plateau, très différentes du calme douillet d'une salle de classe, mais au moins vous serez capable de suivre et d'aider utilement le chef maquilleur qui vous aura fait venir sur un tournage.

Le prix peut paraître cher, mais il ne l’est que si l’on n'accorde pas de valeur au maquillage - ni aux maquilleurs qui l’enseignent et qu’il faut bien payer - ou si le programme enseigné ne répond pas suffisamment sérieusement aux exigences professionnelles réelles. Il faut donc relativiser cette notion de cherté. De plus, de larges subventions sont accordées par les organismes de formation professionnelle.

Certains élèves se destineront au cinéma-spectacle, d’autres préféreront la mode, la photo ou l’événementiel, aussi les écoles enseignent-elles toutes les disciplines du maquillage, et c’est très bien ainsi car un maquilleur de cinéma doit pouvoir tout faire.

Mais ne rêvons pas : on n’apprend pas tout en trois mois, encore moins en deux semaines de cours du soir. S’il faut deux et trois ans aux coiffeurs et esthéticiennes pour obtenir un diplôme national en deux degrés, pourquoi les maquilleurs auraient-ils besoin de moins de temps pour un programme sérieux et vraiment complet ? Et croyez-moi, il y a beaucoup à apprendre et beaucoup à faire avant d’arriver à un niveau sérieux raisonnable. On ne devient pas maquilleur par caprice orgueilleux, mais par le travail et la patience.

Naturellement, les maquilleurs qui voudront se spécialiser en beauté, mode, mariage ou maquillage artistique, seront moins exposés à devoir faire des vieillissements, blessures ou postiches qu’un maquilleur de cinéma, et si cela leur arrive, ils n’auront pas la même exigence de résultat de qualité pour ce genre de choses que pour l’écran.

Comment choisir son école ?

Pour bien choisir votre école, vous devrez chercher les programmes des cours de plusieurs écoles, vérifier si leurs orientations conviennent à vos aspirations et si les cours sont donnés par des personnes qualifiées, capables de vous transmettre une réelle expérience acquise pendant des années sur le terrain, et non par des maquilleurs qui n’ont jamais fait un film sérieux ou les élèves de l’année précédente comme ça se voit (hélas !) parfois. Vous devrez y trouver des classes, donc des professeurs spécialisés, pour les trois classes principales : le cinéma-spectacle (classe complète, théâtre et TV en font partie, ainsi que les postiches et les prothèses), la mode et la photo, le maquillage artistique ou body-painting. Depuis quelques années, la technique de l’aérographe est employée dans divers domaines avec des produits de diverses natures, il sera donc bon de vous assurer que son enseignement vous sera également prodigué.

Naturellement, il est indispensable que vous soient enseignées des bases solides de cosmétologie, d’hygiène et sécurité pour l’usage des produits d’effets spéciaux, d’histoire du maquillage et des modes (coiffures et poil facial), d’histoire du Théâtre et du Cinéma. Il est souhaitable de savoir dessiner, au moins un peu, et indispensable d'apprendre à sculpter, modeler et mouler pour les prothèses. La connaissance de langues étrangères, notamment l'anglais, est un plus quasiment indispensable.

Si vous choisissez l'option cinéma, vérifiez qu'on ne gaspillera pas votre temps sur des matières peu utiles : passer du temps sur les postiches et les petites prothèses est plus utile que sur le body-painting, par exemple. Sinon, vous devrez faire des stages de formations complémentaires à vos frais.

Vérifiez aussi si le matériel est fourni ou à vos frais et la durée des cours.

Aucun maquilleur que j’ai rencontré dans ma longue carrière ne trouve tout ce dont il a besoin chez un seul fournisseur : vous devrez donc apprendre à connaître toutes les marques professionnelles, toutes les textures, tous les produits afin de pouvoir déterminer le plus approprié à un projet futur qui vous sera présenté. Si l’école ne vous enseigne que les produits de sa marque, cherchez dans les magasins spécialisés ou sur Internet des renseignements sur les autres marques et produits. Mais, bien entendu, vous n’utiliserez pas tout et ferez vite votre choix judicieux de matériel au fur et à mesure de votre expérience.

Une démonstration d'une journée ou un simple survol sans la pratique ne suffiront JAMAIS à faire de vous un maquilleur compétent. Pour ceux qui voudraient devenir maquilleur de cinéma, puisque c’est le thème de ce site et ma spécialité principale, je recommande un enseignement long, un an très concentré au moins, de préférence deux, afin d’avoir le temps de bien pratiquer et maîtriser toutes les techniques, y compris celles des autres disciplines, car personne ne réussit de chef-d’oeuvre du premier coup. De plus, cela vous permettra de passer plus de temps en documentation.

En tout état de cause, vérifiez si les maquillages enseignés dans l’école sont de la qualité de ceux que vous voyez sur les écrans de cinéma, et le cas échéant, estimez en quoi ils sont différents.

Les bases minimum à apprendre obligatoirement

Les maquilleurs américains étaient autrefois formés dans les studios des majors pendant 50 semaines de 5 jours de 10h (2500 heures !…) par an pendant deux ou trois ans, puis ils devaient passer un concours devant les représentants des autres studios et des syndicats de maquilleurs. Après quoi, s’ils avaient réussi leur test, ils étaient autorisés à prendre un film en charge. Bien entendu, ils avaient alors effectués largement l’équivalent de nos 3 stages et six assistanats, et connaissaient non seulement les techniques, mais la vie de plateau (qui ne s’apprend évidemment pas à l’école) et l’éthique du métier, ce dont on ne parle que peu ou pas du tout dans les écoles.

Le programme du concours était le même pour tous, et comportait les épreuves suivantes, chacune avec une durée limitée correspondante : naturel, beauté, pose et maquillage d’un faux crâne, une barbe au poil à poil, une blessure, un vieillissement avec les moyens du bord (sa boîte), un autre avec des prothèses (éventuellement perruques). Au jury, un représentant de l'Academy of Motion Pictures (celle des Oscars), du syndicat des maquilleurs, et des autres Majors, mais pas de l'école qui avait enseigné, pour garantir la réelle compétence technique professionnelle des candidats sans aucun favoritisme.

Il est souhaitable que tout candidat à devenir maquilleur de cinéma sache au moins faire cela. Il est aussi souhaitable aujourd’hui qu’il sache faire du body-painting et manipuler un aérographe. Vous devrez donc vous assurer que ces disciplines figurent au cursus standard de l’école de votre choix.

De plus, un certain nombre d’effets simples à réaliser à partir de sa boîte, sont indispensables à apprendre.

La fabrication des prothèses simples fera partie intégrante de ce cursus standard. La fabrication de prothèses plus élaborées, ou d’effets spéciaux, pourra faire l’objet d’un module complémentaire, indispensable pour ceux qui voudront acquérir un haut niveau dans le cinéma-spectacle.

Aux Etats-Unis, le concours test existe toujours aujourd'hui en 2009 pour les maquilleurs de cinéma et les syndicats américains y veillent très attentivement, ainsi que la très sérieuse Academy des Oscars. Il n'est pas exigé pour les futurs maquilleurs de mode ou de photos de beauté et de nombreux maquilleurs de body-painting exercent leur talent sans avoir toutes les qualifications requises pour faire du cinéma.

A propos des bases minimum, je vous recommande la lecture de ma chronique sur les différents maquillages au cinéma. Si vous ne maîtrisez pas correctement ces bases, il faut vous rapprocher d’une école qui les enseigne en module spécifique.

En outre, vous devrez commencer à apprendre le pourquoi du maquillage avant de penser au comment. Ceci fera l’objet d’une autre chronique : La préparation avant tournage.

Et aussi : après l'école, tout au long de votre carrière, vous devrez continuer à apprendre les nouvelles techniques et les nouvelles matières, et continuer à vous entraîner, même à vos frais (mais vous le ferez avec plaisir) pour ne pas rester figé et évoluer.

Ne manquez pas la suite de cette chronique : elle vaut le coup pour vous, surtout si vous êtes (ou voulez devenir) maquilleur, ici

Pour des raisons de mise en page, je suis obligé de couper cette chronique en deux, et vous renvoie sur la 2ème partie où je vous parlerai du bon usage d'un book utile, d'un site web, à qui s'adresser et qui contacter pour débuter, quelles démarches à faire après l'école, et enfin quelques conseils à garder tout au long de votre carrière…

N'hésitez pas à me contacter Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. si vous souhaitez d'autres informations personnelles ou laissez un commentaire ci-dessous.

A bientôt

16 Commentaires

  • Lien vers le commentaire Alain Folgoas Jeudi, 20 Octobre 2011 10:53 Posté par Alain Folgoas

    Bonjour Stéphanie,

    Beaucoup de réponses à vos questions sont dans le texte de l'article, mais je vais préciser la généralité.
    C'est très bien de vouloir sortir du travail bénévole.

    Le statut d'intermittent du spectacle ne s'obtient que d'une seule façon. En étant employé SALARIÉ (donc déclaré) par une entreprise travaillant dans le spectacle. Il est donc normal que vous ne l'ayez pas actuellement.
    La mode n'est pas à proprement parler une entreprise de spectacle et les photographes ou les magazines sont souvent réticents à l'idée de payer des salaires ainsi que l'exige pourtant la loi. Pour se simplifier la vie et payer moins de charges, ils demandent de plus en plus de vous payer sur facture, inversant ainsi la loi et vous contraignant à payer vous-mêmes les charges sociales sur votre revenu, ce qui l'abaisse considérablement, comme décrit dans l'article ci-dessus. Ne parlons pas de ceux qui veulent vous faire payer par les marques de produits de beauté.

    Vous avez ouvert des droits à l'indemnisation chômage ASSEDIC après votre licenciement et vous allez percevoir un certain nombre de jours à ce titre quoi qu'il advienne, sauf si vous êtes réengagée comme salariée ailleurs ou si vous cessez d'être demandeuse d'emploi.
    Si vous créez votre propre entreprise, vous cesserez ipso facto d'être demandeuse d'emploi. En EIRL, vous cesserez immédiatement de percevoir cette indemnisation assedic.
    En auto-entrepreneur, c'est moins dur : vous pourrez continuer à percevoir vos droits jusqu'à épuisement, mais vous ne pourrez pas les renouveler si vous n'avez pas travaillé – et donc cotisé – comme SALARIÉE dans une entreprise autre que la vôtre.

    Je n'ai pas travaillé récemment pour une agence, je ne peux donc pas vous en parler d'expérience actuelle, mais il faut qu'elle vous fasse un contrat ÉCRIT vous garantissant un minimum d'emploi par mois en échange des commissions qu'elle prélèvera sur votre travail et pour lesquelles c'est vous qui paierez les impôts. Soyez donc prudente. Calculez bien tout cela avant de faire votre prix : votre rémunération (X) + Charges sociales (X +50% = Y) + Commission de l'agence (Z) + T.V.A. 19,6%) + Marge pour payer les impôts sur tout cela.
    Si l'agence ne vous garantit pas un minimum d'emploi par écrit, laissez tomber, ce n'est pas sérieux. Méfiez-vous aussi si une agence demande à toucher sur les cachets que vous trouveriez sans elle. Cela signifierait qu'elle veut seulement encaisser sur votre travail sans la contrepartie minimum pour elle de vous en chercher et de vous en proposer. Une commission d'agence de 10 à 15% maximum indique une agence sérieuse qui négociera un montant suffisant pour vous et pour elle. Une commission supérieure serait exagérée et l'indice de négociations sur de petits tarifs pour vous. Les frais (matériel, déplacement, nourriture, etc…) sont toujours en sus de votre propre prix.
    Par ailleurs, les agences font payer un mannequin au minimum 2200 à 2500 €/ jour, mais auront du mal à vous proposer 500€/j…

    Pour le clip, la déclaration préalable à l'embauche indique une déclaration officielle du ou des cachets en salaires (8h/jour pour les techniciens au minimum + les heures supplémentaires si elles sont payées et déclarées normalement). Mais un clip est généralement un tournage court, insuffisant à lui seul pour vous ouvrir des droits au statut d'intermittent et au renouvellement de vos droits assedic.

    Les statuts autres que salarié n'ouvrant pas droit au Assedic (assurance chômage des SEULS salariés, rappelons-le), les statuts d'auto entrepreneur, d'EIRL et autre ne cotisent pas à la même caisse sociale. De plus, les entrepreneurs ou les gérants, censés faire fructifier leur affaire, n'ont droit à aucun chômage.

    Il vous faut donc travailler comme salariée si vous voulez faire le nombre d'heures indispensables à Pôle Emploi.

    Il faut donc beaucoup de courage pour gérer l'aspect négociations commerciales de notre métier. Bon courage à vous.

    N'hésitez pas à laisser votre adresse ou à me contacter directement pour d'autres informations plus personnelles.

  • Lien vers le commentaire stéphanie Mercredi, 19 Octobre 2011 16:38 Posté par stéphanie

    bonjour, je vous écris pour avoir des informations sur le métier de maquilleur.
    Je suis maquilleuse depuis 4ans salariée dans une grande enseigne. Je veux me lancer dans la mode à savoir travailler sur des shooting etc, chose que je fais déjà depuis quelque temps mais non rémunéré. Mon Book est donc constitué et j'ai pas mal de demande de travail.
    J'ai fait une rupture à l'amiable avec mon ancienne entreprise afin de pouvoir toucher le chomage.
    Je n'ai pas les heures suffisantes de travail en tant qu'intermitente donc je ne peux m'inscrire à l'ANPE du spectacle. Des personnes me conseillent de m'inscrire en tant qu'auto entrepreneur afin de déclarer mes futurs travaux et de faire donc des factures lorsque l'on me proposera du travail. D'autres me disent de m'inscrire en agence telle que be agency. Je suis un peu perdue. Si je me déclare en tant qu'auto entrepreneur, vais je continuer de toucher mon chomage lorsque je n'aurais pas de contrat ou non?comment cela se passe?On m'a parlé également du statut EIRL...
    On m'a proposé également un tournage de clip, le réalisateur va me faire une déclaration unique d'embauche. est ce bien?
    Je vous remercie par avance de votre réponse,
    Bien à vous,
    Stéphanie

  • Lien vers le commentaire Alain Folgoas Mardi, 07 Juin 2011 11:56 Posté par Alain Folgoas

    Bonjour Shirley,

    Oui, je connais cette école, j'y ai même fait une démonstration de postiche poil à poil il y a quelques années, dont les élèves présents à l'époque m'ont encore parlé récemment comme d'un bon souvenir fort utile à leur travail quotidien en tant que maquilleurs spéciaux.

    Concernant l'utilité d'apprendre le métier de perruquier, plus vous connaissez de choses concernant le métier et mieux ça vaut pour vous, c'est clair.
    Toutefois, il ne faut pas tout confondre : jamais sur un film sérieux un producteur ne demandera à un maquilleur de fabriquer lui-même ses perruques. Cela réclame une infrastructure et un équipement important dont on ne peut pas disposer sur un tournage normal.

    En revanche, dans certains pays limitrophes, les maquilleurs de théâtre sont engagés parmi les perruquiers-coiffeurs. C'est d'ailleurs pour ça que, sur cette confusion des métiers et des qualifications, les productions ciné-télé prennent la mauvaise habitude de demander la même chose : une personne pour le boulot de deux mais le salaire d'une seule.
    Or, en France, voir dans l'article ci-dessus, si la législation ne requiert encore aucun diplôme national pour devenir maquilleur (il faut quand même une carte délivrée par le CNC pour être engagé comme chef-maquilleur sur un film), elle exige au minimum un CAP pour exercer la coiffure. Il faut un enseignement spécifique de deux ans pour cela, 3 pour le BP qui permet d'ouvrir un salon. Si vous n'avez pas au minimum le CAP de coiffure, vous n'avez donc pas juridiquement le droit de coiffer.
    Ne confondez pas le statut d'artisan coiffeur et celui de maquilleur salarié intermittent du spectacle, vous auriez de graves ennuis avec l'Urssaf et les impôts, et pas droit aux Assedic en cas de chômage pourtant fréquent entre deux tournages. Sans compter que pour entrer dans un métier, il faut en respecter les règles et usages professionnels autant que ceux qui en font déjà partie. Moyennant quoi vous vous en ferez des amis, ce qui vous sera très utile dans un métier très dur où on ne vous attendra pas spécialement à bras ouverts tant la concurrence est nombreuse et rude et le travail rare…
    Pour devenir maquilleuse, apprenez donc déjà à bien maquiller (beauté, naturel, postiche facial, blessures, vieillissements, prothèses, et vous verrez que vous aurez vite déjà assez à faire pour le faire bien. N'essayez pas de prendre le travail de tout le monde : non seulement vos seules deux mains ne suffiraient pas pour tout faire, mais ça ne serait pas forcément bien vu par les collègues et ne vous attirerait pas que les sympathies indispensables pour trouver du travail, surtout à vos débuts.
    La coiffure est un autre métier, la fabrication des perruques en est un autre, que vous pouvez certes apprendre avec profit, mais c'est alors seulement à la sortie de l'école que vous pourrez choisir la branche où travailler en fonction des offres qui vous seront faites par les maquilleurs ou les coiffeurs perruquiers concernés, et non par les producteurs : on ne prend pas directement des responsabilités sur un tournage en sortant de l'école (voir chronique Stagiaire Mode d'emploi), on devient d'abord assistant pour apprendre un métier qui ne se résume pas qu'à l'apprentissage technique, loin de là.
    J'espère avoir été utile pour éclaire votre lanterne, mais n'hésitez pas à me contacter personnellement pour d'autre précisions.
    Bien à vous

  • Lien vers le commentaire AUDIN Dimanche, 05 Juin 2011 21:40 Posté par AUDIN

    Bonjour
    Je m'appelle Shirley et j'envisage de suivre une formation de perruquier - maquilleur - plasticien à l'Atelier du Griffon à Lyon. J'aimerai savoir si dans un premier temps vous connaissez cette école et dans un deuxième temps si il est utile d'apprendre le métier de perruquier, à savoir que pour la directrice c'est plus rechercher qu'un simple maquilleur (j'entend par là qui n'aurait pas eu de formation en coiffure).
    Merci pour votre réponse.
    Cordialement,

  • Lien vers le commentaire Alain Folgoas Mardi, 18 Mai 2010 00:29 Posté par Alain Folgoas

    Bonjour Vanessa, Oui, je suis maquilleur professionnel ainsi que je l'ai dit sur mon profil sur ce site. Mon site personnel vous montrera quelques unes de mes réalisations : http://alain.folgoas.free.fr
    Quant au "critère administratif", cela signifie que l'état, seul habilité à délivrer un diplôme national, n'a pas encore reconnu un programme d'enseignement du maquillage de spectacle commun à toutes les écoles du pays, ni défini un cursus d'examen conduisant à un diplôme d'état, comme les CAP ou BP des esthéticiennes ou coiffeurs, dont les diplômes, artisanaux et commerciaux, représentent une autorisation légale d'exercer le métier, leur permettant une assurance responsabilité professionnelle. Actuellement les maquilleurs de cinéma-spectacle sont sensés être exclusivement salariés intermittents et donc être couverts par l'assurance de leur employeur dès la signature du contrat d'embauche. Contrairement aux artisans, un salarié ne peut pas juridiquement faire de factures, puisqu'il n'a pas de RC ni de registre des métiers, sans cesser par cela même d'être salarié et donc ses droits sociaux (sécurité sociale, retraite, indemnisation chômage éventuelle, etc…) s'il ne paye pas, comme le ferait un travailleur indépendant, de cotisations sociales volontaires sur ses revenus, les diminuant ainsi considérablement. On en reparlera, bien sûr, si la situation évolue.
    J'explique cela dans cette même chronique que je vous invite à relire attentivement ainsi que toutes les autres, que j'ai publiées sur ce même site sur le maquillage au cinéma, afin de documenter votre mémoire de recherche.
    N'hésitez pas à me contacter à nouveau ici ou directement.

  • Lien vers le commentaire vanessa Lundi, 17 Mai 2010 20:43 Posté par vanessa

    bonjour, je suis Vanessa.
    J'effectue un mémoire de recherche sur le métier de maquilleur.
    J'aurai aimé savoir ce que vous entendez par aucun critère administratif?
    Êtes-vous, vous même maquilleur professionnel?

    Merci de votre réponse

    Cordialement Vanessa

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