Entre le moment du choix du métier de maquilleur et l’escalade sur tapis rouge de l’escalier conduisant à la remise d’un Oscar, ou d’un éventuel César, il y a un grand écart que seuls deux chemins peuvent combler : l’accès direct par le miroir aux alouettes, rêve décevant parfaitement illusoire et irréaliste, ou un long effort d’implication, de travail persévérant, d’études incessantes, de rigueur, d’abnégation discrète, pour faire germer et développer un talent qui fera de vous un maquilleur recherché. Il ne s’agit pas d’apprendre à refaire le même maquillage tout au long d’une vie (ce serait vite bien triste et monotone), mais d’apprendre à créer un personnage avec les moyens les plus appropriés. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais par une progression minutieuse et patiente pour maîtriser toutes les techniques, des plus anciennes toujours utiles aux plus actuelles, avant de pouvoir faire avancer encore par la découverte de nouveaux procédés.
Pour cela, que vous passiez ou non par une école, il vous faudra pour débuter trouver un stage avec un chef maquilleur, un vrai Maître dans son métier, qui vous transmettra dans un stage d’apprentissage les moyens de parvenir par vous-même à la Connaissance, VOTRE connaissance du métier, cette Connaissance qui n’est pas qu’un simple savoir. Il vous faudra ensuite trouver d’autres stages pour continuer votre formation, et rares aujourd’hui sont aussi ceux qui connaissent la totalité des disciplines d’ensemble. Il vous faudra apprendre petit à petit, bien au delà de quelques façons stéréotypées de faire, les produits, les techniques, la conception, l’organisation, la gestion des budgets et d’une équipe de maquilleurs, et vous assurer que l’exercice de ce métier vous permet de vivre bien, et pas seulement de survivre médiocrement. Chercher un bon stage, c’est déjà chercher un chef maquilleur compétent. J’indique dans les chroniques Comment devenir maquilleur 1 et 2e partie qui contacter pour trouver ces stages et ces maîtres. Renseignez-vous donc sur qui est qui et qui fait quoi pour ne contacter que des gens réellement expérimentés. C’est déjà une grosse difficulté à surmonter, mais, même sans piston, vous y arriverez et les choses sérieuses commenceront enfin.
Après avoir vu dans la chronique précédente comment faire un moulage pour des petites pièces en vrac à usage général, voici maintenant ce qu'il conviendra de faire pour un artiste principal, visible en gros plan, que ce soit pour une blessure se fondant parfaitement avec la peau qui l'entourera, un (relativement) simple nez, un vieillissement plus ou moins poussé (les maquillages au seul fard ne sont plus toujours assez convaincants, surtout s'ils n'ont pas été assez soigneusement conçus et essayés, aujourd'hui particulièrement en HD), une ressemblance avec un personnage historique, un zombie ou un monstre de l'espace, ou les différents déguisements d'un même personnage.
Depuis que j'ai commencé à publier ces chroniques sur le maquillage au cinéma, j'ai reçu de nombreuses demandes de précisions auxquelles j'ai répondu dans la mesure du possible directement ou en complétant les articles. Pourtant, il semble que certains jeunes réalisateurs ne comprennent toujours pas pourquoi il faut autant de temps et un peu de budget pour faire un maquillage différent du banal maquillage de ville pour leurs films.
Mon but, sur ce site, étant d'exposer à ces jeunes réalisateurs débutants ce qu'est le maquillage au cinéma, sa vraie place sur un tournage et dans la préparation afin que ce métier reprenne une juste place importante et normale dans la conception de leur projet, je vais donc vous décrire dans cet article, aussi simplement que possible, le travail que représente ce qu'ils appellent "une petite blessure" ou un « vieillissement léger » dans le prochain. Vous verrez alors pourquoi et comment les maquilleurs sont utiles sur un tournage et j'espère que vous comprendrez pourquoi il ne faut pas ingénument les convoquer à la dernière minute sans leur avoir dit auparavant ce qu'ils auront à faire, mais les associer concrètement le plus tôt possible à votre projet.
Mes chers amours de lecteurs et cher tout le monde,
Aujourd’hui… Je ne parlerais pas de court-métrage polémique, je ne parlerais pas de livres sur le cinéma qui ne sont plus trouvables chez vos libraires, je ne parlerais non plus de Céline Dion et de son film dont on nous rabat les oreilles mais que seuls les américains et les anglais pourront voir. Mais aujourd’hui, j’ai envie d’écrire sur vous. Oui ! Envie de pousser un petit coup de gueule.
Ceux qui ont pris le temps de lire ma présentation ont probablement vu que je suis scénariste. Tiens, scénariste ? Mais qu’est-ce donc ?
Le marketing viral est aujourd'hui au coeur de toute campagne promotionnelle sur Internet. Non seulement il s'agit d'une technique efficace, mais elle permet aussi d'économiser une part importante d'un budget de communication.
Tout d'abord, qu’est-ce que le marketing viral ? On pourrait simplement le définir par l’utilisation de l’influence des internautes pour promouvoir un produit ou une marque (ici un film ou une série) par le bouche-à-oreille.
Mais concrètement, comment ça se passe ?
D’abord, parlons du film The Blair Witch Project (Myrick & Sanchez, 1999). Comment réaliser des recettes d’environ 250 M$ avec juste un budget de 60000$ ??? Un coup de chance, un film génialissime ou une bonne promotion ? Réponse: le marketing viral.
Hélas, non, il ne s'agit encore pas d'une prestigieuse récompense française enfin attribuée au maquillage de cinéma, lui reconnaissant finalement sa juste place dans cette industrie, mais, plus prosaïquement, du coût des choses. Comme je l’annonçais dans la chronique Qui sont les maquilleurs sur un film ? cette chronique s’adresse en particulier aux cinéastes débutants ou amateurs qui n’ont pas (prévu) le budget maquillage nécessaire pour leur tournage et demandent des maquilleurs bénévoles et si possible à tout faire (coiffure, habillage, stylisme, chauffeur, café ou balayage - mais si, ça s’est vu…) en plus du maquillage.
Après quelques années de pratique, un professionnel (réalisateur, producteur, ou assistant réalisateur) est bien au courant de ce qu’implique la préparation et la réalisation d’un effet de maquillage (ou plusieurs) en termes de délais, de personnel et de fournitures, et donc de coûts. Il n’en est pas de même pour les jeunes en fin d’études, puisqu’on ne leur enseigne encore rien en 2009 dans les écoles françaises à ce sujet, ni, bien évidemment, pour les films de cinéphiles amateurs, si passionnés soient-ils.
Je vais donc m’adresser tout particulièrement dans cette chronique à ces jeunes aspirants réalisateurs passionnés – mais des professionnels plus chevronnés pourront aussi y trouver des choses utiles –, leur dévoiler le revers de la médaille, ce que d’habitude on ne voit pas et qui demeure ignoré dans la plupart des cas, mais qui ne peut pas ne pas exister avant un tournage. J’espère que cela permettra à ces jeunes réalisateurs d’y penser sérieusement avant de demander un miracle improbable à leur maquilleur pris au hasard à la dernière minute, comme on le demande trop souvent par méconnaissance, voire ignorance, du sujet.
Après avoir vu, dans la première partie, le statut du maquilleur, la voie royale d'accès au métier, la carte professionnelle de chef maquilleur, comment choisir une école, et un programme minimum à connaître pour exercer correctement ce métier, voici comment faire pour trouver votre premier travail rémunéré en tant que maquilleur professionnel.
Vous avez envie de devenir maquilleur, mais vous ne savez pas comment faire. Si vous êtes adolescent, vous vous renseignez auprès du Conseiller d’Éducation de votre collège ou lycée qui vous dira qu’il ne connaît rien d’officiel sur ce métier, mais qu’il y a des écoles privées très chères pour un avenir très incertain. Et pour cause : le métier n’existe pas encore juridiquement, donc officiellement, même s’il existe de fait depuis longtemps au théâtre et au cinéma depuis Méliès. Pourquoi ? Parce qu’il n’existe encore aucun critère administratif ni cursus national commun à toutes les écoles et conduisant à un diplôme national reconnu par l’Etat.
Ce métier, reconnu dans le monde entier, n’a pas encore de statut juridique en France. Il n’est donc pas admis aux registres des Métiers des artisans, ni au Registre du Commerce des sociétés. Il n’est pas davantage admis comme profession libérale, puisque celles-ci n’ont le droit de fournir que des conseils et non des services, exceptées les professions médicales. Autre possibilité, vous êtes un peu plus âgé, vous avez déjà un métier, mais vous voulez en changer. L’ANPE du Spectacle ne vous acceptera pas parce que bien évidemment vous n’avez pas encore les justificatifs nécessaires pour cela.
Alors, comment entrer dans une profession qui n’existe pas ? Je vais vous donner quelques pistes, sans rien pouvoir vous garantir, et vous expliquer les particularités de l’accès à ce métier.
Nul ne saurait vouloir rendre obligatoire l’usage du maquillage sur un film actuel. Pas même le maquilleur que je suis. Pourtant, si la chose est envisageable sur un reportage d’actualité ou un documentaire, ce serait bien dommage de s’en s'en moquer et s'en priver en fiction. Le film raconte une histoire avec des acteurs. Les acteurs d’aujourd’hui n’ont pas forcément la même allure que le personnage qu’ils sont chargés d’interpréter. Il peut s’agir de films d’époque – et là le recours au maquillage et postiches devient indispensable – ou de personnages plus âgés, plus jeunes, blessés ou d’extraterrestres – et là il est inévitable ; dans d’autres cas, il faudra rajeunir certains artistes, ou leur redonner une mine pimpante s’ils sont malades : on en conçoit bien la nécessité… Pour autant, la plupart des personnages de fiction ne seront pas censés être maquillés. Le maquillage devra donc à la fois servir efficacement et raconter l’histoire du personnage et ne pas se voir en tant que maquillage. Comment résoudre cette nouvelle quadrature du cercle ?
C’est le métier du maquilleur.
Alors, que lui demander ? De quoi doit-il être capable pour être un vrai maquilleur de cinéma capable de faire votre film ? C’est ce que nous allons aborder maintenant.