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Vendredi, 19 Février 2010 19:11

Lovely Bones

Écrit par Allan Kilic
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La jeune Susie Salmon découvre avec émerveillement l'au-delà. La jeune Susie Salmon découvre avec émerveillement l'au-delà. DreamWorks Studios

Après un King-Kong n’ayant pas vraiment convaincu malgré de très bonnes intentions et une réalisation menée d'une main de maître, Peter Jackson revient dans un registre différent, plus féerique. Moins médiatisés que ses derniers films, Lovely Bones pourra décevoir les spectateurs attendant un blockbuster spectaculaire et intense, comme le laisse présager la bande-annonce, voire le film de l’année. Malgré une mise en scène léchée, il s’agit plus d’un conte dramatique sur la famille et sur les rêves d’une jeune fille. Un résultat donc assez intimiste, mais grandiose, qui pourra rappeler sur plusieurs points un des premiers films de Peter Jackson : Heavenly Creatures.

 

Synopsis

Susie Salmon est une jeune fille de 12 ans. Comme toute jeune fille qui rentre dans l’adolescence, elle a des rêves, prends conseil auprès de ses proches et connait le premier amour, sans se rendre compte qu’elle est épiée par un psychopathe vivant dans son quartier. C’est ainsi que sa naïveté la trompe et que tous ses rêves et espoirs s’envolent, lorsqu’elle se fait assassinée. Prise entre deux mondes, dans son propre purgatoire à l’image de ses émotions et de ses rêves, elle rencontre par une jeune fille inconnue, qui sera son amie et qui la guidera jusqu’aux portes du Paradis. Mais durant ce temps-là, sur Terre, son perd s’acharne à reprendre une enquête qui piétine, sa mère perd le goût de la vie, son amour se sent perdu et le tueur rode toujours. Susie sait qu’il n’est pas encore temps de se rendre au Paradis.

Adapté du roman à succès d’Alice Sebold, Peter Jackson (Le Seigneur des Anneaux) continue à tourner des adaptations d’œuvres littéraires (sans oublier son Tintin en préparation qu’il produit avec Spielberg). Lovely Bones reste toute fois différent de ses derniers films où l’action avait une place importante. Exit les scènes de combat, exit les fantômes effrayants et autres monstres, exit les morts à la pelle. Ce nouveau film est avant tout un drame, avec une teinte de fantastique, qui ne sert que de cadre à l’histoire.  Si le début de celle-ci laisse présager une enquête policière et une traque après le tueur, le thème central du film reste le deuil ou comment une famille heureuse peut en un instant se déchirer, puis continuer à vivre. Ainsi, si la violence est souvent suggérée, le sang est peu visible, l'enquête n'engendre que peu de suspense, car on sait rapidement qui est le tueur, le nouveau film du cinéaste Néo-Zélandais n’en est pas moins magnifique et original.

Comme à son habitude, Peter Jackson nous livre un petit bijou visuel. Grâce à une photographie splendide, il aura tourné des scènes fantasmagoriques aux décors magiques dans le purgatoire de l’héroïne, dont l’ambiance pourra rappeler le monde imaginaire du Docteur Parnassus. Néanmoins, l'histoire se déroulant dans les années 70 et vécue par les yeux d’une jeune adolescente, la mise en scène reste dans ces esprits en nous servant des images aux tons pastel et des décors frôlant le kitsch et le niais. Certains vomiront à la vue de certaines scènes, mais tout cela reste cohérent avec le ton du film et la psychologie de l’héroïne. Lovely Bones aura beau être tout public, je crains qu'il déroutera un public "trop" sérieux. Mieux vaut avoir encore une petite âme d'enfant pour prendre un plaisir total avec ce film.

Mais au-delà du travail visuel de Peter Jackson, le véritable centre d’intérêt du film reste l’interprétation des acteurs. Tout d’abord, il est important de souligner la prestation de la jeune actrice irlandaise Saoirse Ronan (Atonement, La Cité de l’Ombre), qui est remarquable. Comme elle n’en est pas à son premier coup avec ses nombreuses nomination pour son rôle dans Atonement, il est fort probable qu’elle risque de faire partie des grandes actrices qui marqueront la décennie. Mark Wahlberg (Les Infiltrés, Shooter) et Rachel Weisz (La Momie) en couple déchiré sont criants de vérité, soutenus par une Susan Sarandon (Le Client) qui met joue avec brio une grand-mère décalée. Mais la Grande performance revient à Stanley Tucci (The Core, Julie & Julia) qui interprète parfaitement le rôle du tueur pédophile. Loin de ses registres habituels, il n'en est pas pour le moins habile sous les traîts de ce psychopathe dérangé, calculateur et inquiétant. Sa nomination à l'Oscar du Meilleur Second Rôle Masculin est loin d'être volé.

Lovely Bones marque son empreinte en ce début d'année 2010 du cinéma. Ayant tout d'un grand film, on peut ressentir de nombreuses émotions comme le rire, la tension, la tristesse ou encore la compassion, ainsi que l'émerveillement visuel. Certes il ne s'agit pas d'un film coup de poing qui hantera le spectateur par la suite, mais il aura le grand mérite d'être un bon bol d’air frais qui met de bonne humeur. Car quoi qu'on en dise, Lovely Bones reste avant tout un film positif !

 

Acteurs : 9

Mise en Scène : 8

Montage/Effets spéciaux : 8

Musique : 8

Photographie : 9

Scénario : 8

Note : 8,3

 

Note des internautes :

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Evaluation du film

  • Acteurs: 10
  • Mise en scène: 9
  • Montage/Effets spéciaux: 9
  • Musique: 9
  • Photographie: 10
  • Scénario: 9
  • Note générale: 8,3

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