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Lundi, 23 Novembre 2009 01:35

L'Imaginarium du Docteur Parnassus

Écrit par Allan Kilic
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La dernière apparition de Heath Ledger au cinéma La dernière apparition de Heath Ledger au cinéma Concorde

L’Imaginarium du Docteur Parnassus est le dernier film de Heath Ledger, mort durant le tournage. La grande question était donc de savoir si sa présence serait le seul intérêt du film, surtout après le tapage médiatique et l’annonce de la présence de Johnny Depp, Jude Law et Colin Farell, pour remplacer Ledger dans certaines scènes et pour lui rendre hommage. Beaucoup de bruit qui peut forcément mettre en doute la qualité du film, d’autant plus que Ledger n’avait pas le rôle principal. La réponse est un grand NON. Si Ledger nous délivre une belle prestation, ce film, qui rappelle sur de nombreux points Brazil, est aussi féérique et délirant que brillant. Terry Gilliam nous prouve encore qu’il n’est pas un réalisateur comme les autres.

Le Docteur Parnassus (Christopher Plummer) parie inlassablement avec M. Nick (Tom Waits), le Diable, depuis milles ans, date à laquelle sa première victoire lui permit de gagner l’immortalité. Avec son théâtre ambulant, l’Imaginarium, il attire des curieux au travers de son miroir magique, où leur âme devra choisir entre la voie féérique de l’imaginaire et les tentations du Diable dans un monde magique contrôlé par l’esprit du Docteur. Ayant perdu son lustre au fil des âges, Parnassus demande à M. Nick de lui accorder de nouveau la jeunesse, après avoir rencontré l’amour. Elle lui sera accordé, mais à une condition : la progéniture de Parnassus sera sienne le jour de ses 16 ans. De nos jours, Valentina (Lily Cole), la fille de Parnassus va avoir ses 16 ans, et M. Nick vient réclamer son dû. Il ne reste que 3 jours et un dernier pari au Docteur pour trouver une solution. Mais sur son chemin, la troupe de l’Imaginarium va sauver un inconnu amnésique (Heath Ledger), dont le rôle va s’avérer déterminant dans ce dernier pari…

Après une première scène qui a lieu dans les bas-fonds de Londres à la sortie d’un club miteux (à ma grande surprise j’avoue), on plonge vite dans un monde complètement décalé et délirant. Un homme ivre rentre dans le fameux miroir magique où l’ambiance qui y règne est complètement fantasmagorique. La comparaison avec le monde imaginaire dans Alice au Pays des Merveilles peut facilement venir à l’esprit. Mais à vrai dire, on se demande bien si Terry Gilliam n’a pas pris du LSD ou des champignons hallucinogènes pour créer le monde derrière le miroir, ou plutôt l’esprit du Docteur Parnassus vers lequel le miroir n’est qu’en réalité qu’une porte.

Néanmoins, ce monde imaginaire n’est pas le cœur de l’histoire. Car finalement juste quelques scènes s’y déroulent. La plus grande partie de l’histoire se passe donc dans le monde réel, où la trame principale reste le thème du film. Vous l’aurez compris avec le synopsis, tout n’est qu’histoire de paris dans ce film. Les paris entre Parnassus et Mr Nick, qui symbolise la lutte éternelle entre le bien et le mal. Un bien et un mal qui ne peut vivre l’un sans l’autre (combien de fois le diable va changer la donne des paris ou proposer un nouveau après sa victoire pour que la lutte continue), un peu comme le Yin et la Yan. Un bien et mal qu’il est au final difficile de dissocier et de distinguer, car le petit jeu du Docteur Parnassus, qui est même représenté comme un saint prophète dans des illustrations, n’en reste pas vicieux et malsain (il parie quand même sa propre progéniture !!!). Tous les personnages du film et leur destiné seront donc liés à ces paris, sans même qu’ils puissent le savoir. Et c’est là que le mystérieux personnage de Tony (Heath Ledger) rentre en jeu et va changer complètement la donne.

Il est vrai qu’il est facile de se perdre dans la trame. Non pas qu’il est compliqué de la comprendre, mais plutôt qu’on se demande souvent où va nous mener le film… Il est vrai que pas mal de scènes ou d’intrigues restent sans réponse. Comment se fait-il que le Docteur Parnassus ait à l’origine des pouvoirs ? Qui a créé le miroir ? Pourquoi Percy le nain ait pu être aux côtés de Parnassus pendant plus d’un millénaire ? Pourquoi le diable redoute Tony ? Et pourtant… ce film se déroule finalement comme un rêve. Tous les tenants et aboutissants nous échappent. Certains évènements ont lieu comme par magie sans que nous n’y attendions pas. Et j’irais jusqu’à me demander si toute l’histoire n’est tout simplement pas un méga délire dans l’esprit dérangé de Parnassus… Mais cette mise en scène, avec ces décors magnifiques et ce lyrisme particulier, est terriblement efficace et on ne s’ennuie à aucun moment.

Ainsi au final, on s’amuse, on hallucine, on rit, on se laisse porter dans ce monde fantastique, sous la magnifique musique composée par Mychael Danne, tout en nous attachant à tous ces personnages hauts en couleur, parfaitement interprétés par une belle brochette d’acteurs. Mention spéciale à Christopher Plummer (Révélations, Un Homme d'Exception) qui est LA star du film et qui démontre encore qu’il reste un brillant acteur. Le crooner Tom Waits (Bram Stocker’s Dracula) excelle dans son rôle du Diable, entre autre grâce à sa voix rauque qui lui est propre. Puis que dire de Heath Ledger, qui nous quitte avec encore une très belle interprétation. Une belle conclusion pour une carrière qui s’est achevée bien trop tôt. Et n’oublions pas les courtes, mais amusantes apparitions de Johnny Depp, Jude Law et Collin Farell sous les traits de Tony dans le monde imaginaire de Parnassus, qui méritent tous les trois qu’on leur tire notre chapeau !

Je n’ai jamais été particulièrement fan de Terry Gilliam. Et pourtant ce film, qui m’a fait souvent pensé à Brazil (qui m’avait profondément ennuyé, malgré son univers si original) et au Baron de Munchausen (que je n’avais aussi pas vraiment apprécié), est tout simplement excellent. Et pour l’avoir adoré, j’irais jusqu’à dire que c’est un pur chef-d’œuvre. Mais comme tout film décalé, soit on adore, soit on déteste. Le film risque donc de rebuté ceux qui iront le voir d’un œil trop sérieux.

L’Imaginarium du Docteur Parnassus offre en cette fin d’année une grande bouffée d’air frais. Outre son originalité, son ambiance, son histoire et ses personnages, c’est le genre de film de par après lequel un spectateur est de très bonne humeur. Le type de film qu’on ne voit plus que grâce à Tim Burton. Personnellement, j’irais jusqu’à dire qu’il s’agit pour le moment d’un des 3 meilleurs films sortis cette année en salle. Je le recommande donc à tous les amateurs d’univers fantastiques et lyriques.

 

Acteurs : 9
Mise en Scène : 9
Montage / Effets Spéciaux : 7
Musique : 8
Photographie : 7
Scénario : 8
Note : 8

Note des internautes :

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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire Xavier Bonastre Vendredi, 18 Décembre 2009 13:18 Posté par Xavier Bonastre

    Ce film, totalement absurde et délirant, manque cruellement d'un vrai scénario pour conserver plus d'un quart d'heure l'attention du spectateur ! De plus l'humour y est totalement absent. Il ne suffit pas de mettre en images ses propres fantasmes ou ses délires oniriques pour que le résultat constitue un film. Tout au plus, Gilliam a-t-il confirmé qu'il était un cinéaste à part, mais ça personne n'en a jamais douté !

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