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Samedi, 20 Février 2010 21:00

La Princesse et La Grenouille

Écrit par Julie Bouchonville
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La Princesse et sa.... grenouille. La Princesse et sa.... grenouille. Disney Pictures

Imaginez le conte de votre enfance… Imaginez le studio de réalisation de votre enfance… Imaginez la musique de votre enfance… Et maintenant… Imaginez-les tous ensemble… Bienvenue dans l’univers de La Princesse et la Grenouille !

Depuis une dizaine d’années, les fans pleuraient pour le retour du dessin à la main, ayant depuis longtemps soupé de la 3D qui, si elle leur avait semblé révolutionnaire dans Toy Story, les avait largement trahis depuis. Entre temps, ils se passaient avec nostalgie leurs vieux Disney, soupirant de mélancolie devant La Petite Sirène, Aladin et Le Roi Lion, se faisant peu à peu une raison que tout ce qu’ils avaient connu et aimé était désormais de l’histoire ancienne… Et bien non ! Ils peuvent à présent se réjouir à nouveau, car derrière ce dernier-né des Studios Disney se cachent d’authentiques humains, de véritables personnes avec de véritables feuilles et de véritables crayons et de tout ce qu’il y a de plus véritables gommes ! Ne cachez pas vos larmes, laissez-vous aller, nous avons tous eu l’œil humide en l’apprenant…


Dans cette toute nouvelle aventure, l’héroïne est Tiana, une jeune serveuse habitant le mythique quartier français de la Nouvelle-Orléans. Son grand rêve est d’ouvrir son propre restaurant, réalisant ainsi le projet de feu son père. Mais lorsqu’elle rencontre une grenouille qui lui explique n’être autre que le séduisant Prince Naveen transformé par le fourbe Maître des Ombres, et qu’il la supplie de l’embrasser afin de lui rendre son apparence humaine, tout déraille. Non seulement le baiser ne transforme pas le batracien en beau jeune homme mais, bien pire, voilà que notre courageuse Tiana est à présent elle aussi un amphibien. S’ensuit une série rocambolesque de péripéties pour retrouver apparence humaine et, accessoirement, échapper au cruel Maître des Ombres qui aimerait beaucoup remettre la main sur le Prince, se faire une pléiade d’amis, et honorer quelques promesses faites ici et là.

Votre dévoué serviteur a eu ce samedi l’immense plaisir d’aller enfin voir ce qui était attendu comme l’un des plus sublimes joyaux de Disney, et autant vous annoncer directement que la réputation de ce petit bijou est loin d’être surfaite.
L’histoire est simple et efficace, comme tout bon Disney. Une gonzesse, des ennuis, une quête, un dénouement. Personne ne s’en cache, nous faisons un dessin animé, il n’est nul besoin d’engager le plus vicieux des scénaristes, un type lambda qui connaît bien son boulot fera entièrement l’affaire.
Ensuite, les dessins sont magnifiques. Pas jolis, pas mignons, pas sympa, non, magnifiques. Une beauté et une élégance de trait sans limite, des couleurs exquises, choisies avec un soin qui, lui, est vicieux, et avec ces micro-imperfections qui trahissent la présence d’une main humaine. Ô miracle. Une animation très fluide et ronde, sans image de synthèse ou presque (votre humble serviteur n’en a repéré qu’à un seul moment), à la manière des classiques de notre enfance. On sent ici que l’équipe technique s’est véritablement fait plaisir, enchantée de retourner à ses sources. Walt Disney lui-même semble entourer le film de son aura bienveillante.
Au niveau des graphismes et des scènes, l’on retrouve également de très nombreux clins d’œil à d’autres films sortis des mythiques studios, qui sont aussi amusants que ludiques à épingler. Votre dévouée n’en a vu que trois ou quatre, mais sa petite sœur lui a assuré qu’ils étaient plus d’une douzaine. Faites-lui confiance, cette gamine a l’œil.
Puis les chansons. Il est rare de pouvoir critiquer ce paramètre, mais il a ici toute son importance. Une bonne chanson de dessin animé a une ambiance qui vous prend immédiatement, des paroles facilement mémorisables, et un rythme qui entre tout de suite en tête et refuse de vous lâcher. Alors, comment s’en tire la bande-son de La Princesse et la Grenouille ? Et bien, en un mot, royalement. Il n’y a pas un seul morceau qui fasse tomber le niveau, tous sont véritablement géniaux. Une ambiance très jazzy (rappelez-vous : Nouvelle-Orléans), des solos envoûtants, des décors sublimes, et des paroles géniales. Un bémol, toutefois : la voix chantée de Tiana, l’héroïne, est à se suicider. Vraiment, il semblerait que les petits gars de l’équipe aient pris la première fille qu’ils aient croisée dans la rue, et c’est sincèrement dommage, cela gâche un peu les chansons.

Autre point important, les personnages. Les héros, les méchants, les personnages secondaires. Les héros sont très bien, Tiana est attachante et véritablement ravissante. Sa force de caractère et son courage sont impressionnants, tout comme son obstination absolue. Voilà une femme dont les fillettes d’aujourd’hui peuvent prendre de la graine. Le Prince Naveen, autre héros, est lui aussi délicieux. Beau garçon imbu de sa personne et coureur de jupons juste comme il faut, il a l’assurance de ceux à qui rien ne résiste et ne manque pas d’humour. Son insouciance est charmante à voir, en particulier opposée en contraste avec l’attitude terre-à-terre de Tiana - leurs disputes sont d’ailleurs on ne peut plus savoureuses. Ses solos de ukulélé sont d’ailleurs impressionnants, tout comme ses chorégraphies pleines de bonne humeur.
Le super-méchant, le Maître des Ombres (voilà un vrai nom de vrai méchant, il n’y a pas à en douter), est lui aussi fantastique. Quelque part à mi-chemin entre Scar du Roi Lion, Clopin du Bossu de Notre-Dame, et Jafar d’Aladin. Il est machiavélique, magicien, cruel et fauché comme les blés, une combinaison en règle générale plutôt efficace pour donner un vrai bon méchant. Son graphisme déluré vaguement burtonien (longue silhouette d’oiseau de proie, haut-de-forme et yeux violets) s’adapte parfaitement au rôle, tout comme son ombre qui a tendance à ne pas suivre ses mouvements et à devenir de fait un précieux acolyte. Il est aidé dans sa tâche par le tremblant et misérable valet du Prince Naveen, Lawrence, qui ne rêve que de pouvoir après une vie de servitude, et qui voit là l’occasion de donner pour une fois un coup de pied dans la fourmilière.
Les personnages secondaire sont, comme dans bien des films de qualité, encore mieux que les principaux. Pouvant se permettre d’être moins crédibles, ils peuvent être plus tranchés, et le résultat final est loin d’être décevant. Entre l’amie d’enfance complètement hystérique, le ver luisant et sa famille du bayou, l’alligator peureux qui ne rêve que de jouer en public, la magnifique Evangéline, les effrayants amis de l’au-delà et la magicienne vaudou aveugle et son boa affectueux, l’on ne s’ennuie pas une seule seconde. L’on rit aux éclats, l’on pleure, l’on tremble, et tout cela au moindre claquement de doigt des scénaristes. C’est officiel, les studios Disney nous tiennent dans la paume de leur main, et l’on danse exactement comme ils sifflent.

Voilà donc pour le positif. Y a-t-il une seule once de négatif, me demanderez-vous ? Et bien… Oui, mais uniquement en caméo. Le scénario est prévisible, et la fin en happy-end l’est encore plus. Tiana, en bonne héroïne courageuse, est par moment franchement agaçante. Certains passages (notamment tous ceux où l’on revoit la jeunesse de notre chère Tiana) dégoulinent de bons sentiments - ce qui peut très vite lasser. Et, enfin, on retrouve quelques-un de ces clichés souvent chers à Disney - pour n’en citer qu’un, le fait que tout le monde soit un jazzman né, pourvu qu’il habite la Nouvelle-Orléans.


C’est donc, pour résumer, un film magique à aller voir de toute urgence - mais en acceptant d’être bon public.


Acteurs : 7
Mise en Scène : 7
Montage/Effets spéciaux : 7,5
Musique : 7,5
Photographie : 8
Scénario : 6
Note : 7,5

 

Note des internautes :

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1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire Frédéric Espi Dimanche, 21 Février 2010 22:35 Posté par Frédéric Espi

    Merci pour cette critique constructive. Je vois que t'es aussi une fan de Disney.

    J'espère avoir le temps un de ces quatre d'aller le voir. J'avais des appréhensions quand j'ai vu qu'aux derniers Golden globe, "Là haut" lui a été préféré, mais ton article m'a donné envier de le voir

    A bientôt

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