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Mardi, 11 Août 2009 10:02

Joueuse

Écrit par Xavier Bonastre
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Kevin Kline et Sandrine Bonnaire Kevin Kline et Sandrine Bonnaire n/a

Ah, la jolie côte découpée du littoral corse ! Et puis aussi l’île rousse et l’hôtel des Roches rouges (superbe établissement datant de 1912)… Que de jolis coins pour nos vacances à venir !

Et, au beau milieu de tout ça, Hélène, une pauvre et touchante femme de ménage (Sandrine Bonnaire), qui se prend d’un intérêt inexplicable pour un jeu auquel elle ne connaît rien : Les échecs…

Plus qu’une étude de plus sur ce fascinant sport cérébral (auquel Edgar Poe préférait – et de loin ! – le jeu de dames), ce film, sans grande épaisseur néanmoins, est une historiette charmante sur le désir légitime de son héroïne de s’extraire d’un milieu social qu’elle ne reconnaît pas pour sien.

Elle est soutenue dans sa démarche – somme toute courageuse – par un mari ouvrier, un tantinet possessif mais au final bien gentil (Francis Renaud), une fille un peu conne en pleine crise d’ado et, surtout, par un mentor taciturne et mystérieux : l’énigmatique docteur Kröger (Kevin Kline) qui vit reclus dans une splendide propriété aux volets clos depuis la mort (naturelle ?) de son épouse.

Ce séduisant docteur, à défaut de l’initier au grand amour – comme auraient pu le laisser supposer leurs rendez-vous réguliers et secrets (qui font vite le tour de tout le village de Piana) – va faire à Hélène un véritable coaching en matière de stratégie échiquéenne, l’amenant à devenir en quelques semaines une championne hors-pair. Un vrai conte de fées !

L’interprétation de Kline est ici réduite au strict minimum : L’acteur, sans doute diminué par on-ne-sait-quelle addiction inavouable, se voit cantonné à des prestations assises ou immobiles, qu’une grave maladie pulmonaire est supposée justifier.

Sandrine Bonnaire est, à son habitude, radieuse et souveraine. Elle n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle sourit, découvrant sa dentition parfaite. Du coup, la réalisatrice en fait un usage abusif : J’ai compté quatre fois où Hélène, filmée en très gros plan, passe doucement de son visage de madone résignée à ce sourire carnassier, prometteur de lendemains qui chantent…

Le reste du casting (d’où se détache Francis Renaud, toujours excellent) est inégal. On y remarquera la participation furtive de Jennifer Beals – sans doute en mal de cachets – dans un rôle quasiment muet d’américaine jeune, riche et jolie où elle n’a strictement rien à jouer.

Quant à la prestation de Valérie Lagrange en directrice d’hôtel, on est en droit de s’étonner que cette starlette des années 60, devenue l’égérie du mouvement musical Flower Power dans les années 70, ait choisi un rôle aussi dépourvu de glamour pour faire son come-back cinématographique !

JOUEUSE est une histoire plutôt agréable à suivre, mais au scénario sans la moindre surprise (on sait par exemple, dès l’instant où Hélène commence une partie d’échecs, qu’elle va la gagner). La réalisatrice Caroline Bottaro (dont c’est le premier long métrage) aurait peut-être eu intérêt à étayer davantage la complexité de son personnage – peut-être en revenant sur son enfance et ses études sacrifiées, ou sur un mariage qu’elle avait sans doute subi –, pour mieux préparer ce revirement de situation et ce départ vers une destinée brillante, plus en rapport avec ses aspirations.

Au final, nous avons à faire ici à un film gentillet, sans prétention, qui n’apporte rien de neuf à la carrière déjà bien dense de Sandrine Bonnaire, même s'il offre l’insigne avantage de régaler nos yeux de ce magnifique littoral corse...

Acteurs : 6
Mise en Scène : 5
Montage / Effets Spéciaux : 5
Musique : 5
Photographie : 7
Scénario : 4
Note : 5,33

Note des internautes :

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