Ecrire sur un thème vieux comme le monde…
Oren Peli a choisi d’aborder, à travers le scénario de Paranormal Activity, le thème des contacts entre « l’au-delà » et le « monde des vivants » et l’influence du premier sur le dernier. Il est en effet aisément constatable que ce thème est très présent dans la culture anglo-saxone, d’une part par croyance religieuse, et la fête d’Halloween en est l’exemple parfait. Les américains (pour ne pas les citer) ont toujours eu un certain intérêt pour les histoires de revenants et poltergeists, à en juger d’une part par les succès des émissions télévisées comme T.A.P.S. ou Gosth Hunt Investigation (diffusées en France par la chaîne Planète No Limit) sans oublier le cinéma hollywoodien qui en a largement fait son beurre entre les Frankenstein, L’Exorciste, et plus récemment Sixième Sens. En conclusion, avec une formule scénaristique des plus classique : le gentil couple d’amoureux (ou famille) attaqué par le méchant esprit ; Oren Peli n’a fait qu’utiliser une vieille recette qui a toujours rempli les salles et fait grimper les audimats des télévisions.
Une réalisation en apparence minimaliste…
Le minimalisme au cinéma, attribué à Lars Von Trier et le mouvement Dogma, trouve une place totalement omniprésente dans le cas de Paranormal Activity : tourné en format DV-CAM (on imagine mal des images supposées dater de 2006 tournées en technologie HDV–CAM, car pas encore couramment utilisée à l’époque, cela aurait été un splendide anachronisme), dans des conditions restreintes : peu voire aucun éclairage, énormément de plans fixes, aucun des travellings ou panoramas qui font la renommée du cinéma hollywoodien ; l’esthétique « broadcast » du film offre au spectateur l’impression d’être encré dans du réel, à mi-chemin entre le documentaire et la télé-réalité. Une seule caméra utilisée pourrait faire passer la production pour radine, mais il n’en est rien : cela s’avère être au contraire une malice de réalisation. En effet : dans ce film nous avons deux personnages, une seule caméra, donc une alternance de points de vue qui place le spectateur dans un certain inconfort, voire dans la peur à certains points de « climax » du film : en effet, les spectateurs du 21ème siècle, aiment tout avoir sous les yeux, se laisser guider sans le moindre effort, dans le cas de Paranormal…, le spectateur se retrouve non plus dans sa position fétiche de spectateur « passif », mais au contraire devient complètement « actif », cherchant les moindres détails de l’image qui pourraient lui donner le frisson de la soirée. Cette position se retrouve également accentuée par l’absence de musique additionnelle, le spectateur se retrouve donc ainsi à la merci de l’interprétation des comédiens qui m’a semblé assez convaincante sur l’ensemble (avec un bémol pour le personnage du docteur qui passe plus pour un pique assiette en manque d’apéro qu’un vrai médecin).
Une communication qui fait buzz…
Absence de générique de début dans le film, donc un film non signé que l’on fait passer pour une pièce à conviction d’une affaire criminelle datant de 2005, il est évident que la production et l’équipe artistique du film ont tenté d’effectuer un plan-média semblable à celui du Projet Blair Witch : en dire le moins possible pour remplir le plus de salles. Et ça paye : Paranormal Activity restera un des succès les plus remarquables de l’histoire de la Paramount. Et à signaler pour le 29 décembre prochain aux Etats-Unis et pour la mi-2010 en France la sortie d’un DVD version longue avec fin alternative qui n’aura pas fini de nous faire frissonner.
En conclusion…
Oren Peli réussit un tour de maître au box-office en signant un petit film qui exploite tous les mécanismes des films cultes pour les amateurs du genre, et dont on attend de voir son prochain film Area 51 et qui dès à présent n’a rien à envier au Carpenter et autres Friedkin. Mais également, Oren Peli aura réussi à me faire passer une nuit blanche : il est trois heures du matin, toutes les lumières sont éclairées et je regarde un Walt Disney.
Paranormal Activity. Ecrit et réalisé par Oren Peli. Interprété par Katie Featherston, Micah Sloat, Mark Fredrichs, Amber Armstrong et Ashley Palmer. Produit par Blumhouse Productions. Distribution en France : Wildbunc Productions. Date : 2009. Durée : 1h26. Classification : interdit au moins de 16 ans





