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Vendredi, 26 Juin 2009 10:34

M le Maudit : La Génèse

Écrit par  Lydie Catalano
Hans Beckert ` Hans Beckert `
Premier film parlant de Fritz Lang sorti en mai 1931, “M le Maudit” relate la cavalcade d’un meurtier d’enfant dans le Berlin des année 30.
Premier film parlant de Fritz Lang sorti en mai 1931, “M le Maudit” relate la cavalcade d’un meurtier d’enfant dans le Berlin des année 30.
Le projet de “M le Maudit” est avant tout une idée de Fritz Lang (bien que son ex femme Von Harbou l'aidera lors de la scénarisation). Après l’échec de “La femme sur la Lune” qui a précipité la chute de sa maison de production, la Fritz lang Production et romput ses accords avec l'UFA, il décide de travaillant pour la firme Nero.
Celle ci lui accorde le contrôle total sur sa nouvelle oeuvre, ce qui lui permet de monter le film à son idée et d’y expérimenter le parlant comme il le souhaite.

Lang passioné par les faits divers va se documenter auprès de la police berlinoise pour mieux comprendre les tueurs psycopathes qui ont fait régner la terreur en Allemagne dans les années 20, notamment Harmann surnommé le "Loup-garou" de Hanovre ou Grossman, “le Boucher” tueur de prostituées. Pendant l’élaboration du scénario en 1929, Peter Kurten débute une série de meurtres sanglants, qui va se poursuivre jusqu'à son arrestation, en 1930. c’est en Avril 1931 que s’ouvre le procès de celui que l’on nomme alors le "Vampire de Dusseldorf" soit un mois avant la sortie de “M le Maudit”

Dans “M le Maudit”, Lang va changer ses propres codes, lui qui dépeignait des super méchants dignent de Fantomas jusqu’à présent va ici nous présenter une chronique sociale. D’une part il ne va pas faire durer le suspens en gardant l’identité du tueur secrète, mais il va aussi montrer toutes les faces du crimes peuplant une ville. Les personnages qui habitent le film sont tous pittoresques : on y trouve un syndicat du crime qui se fait passer pour les services de police au travers du personnage de Stancker et aussi des mères maquerelles qui ont pour principe de maintenir l’ordre sociale afin de pouvoir prospérer. Ce sont les habitudes d’une ville toute entière que le réalisateur va mettre en scène et comment celles ci se trouvent bafouées par l’arrivée d’un tueur d’un nouveau genre, celui ci ne cherchant pas à faire de l’argent comme les autres qui vont le juger mais seulement à assouvir ses pulsions. Ces bandits vont être rapide à mettre la main sur Hans Beckert, à qui il donne le droit à une parodie de procès don’t le monologue va entrer dans l’histoire du cinéma.

Une fois le scénario bouclé il n’en faut pas moins un acteur capable d’incarner tel que le réalisateur l’a pensé son meurtrier d’enfants. C’est dans un théâtre que Peter Lorre est repéré par Lang alors qu’il est la coqueluche des pièces d’avant garde. Lorsque le réalisateur le contacte, il joue en soirée la “Quadrature du cercle” de Valentin Katayev, tout en préparant “Homme pour homme” de bertold Brecht.
Son interprétation de Hans Beckert est encore marqué par le théâtre, notamment lors de la scène du procès, où l’acteur est littéralement sur une scène face à un public, celui des juges. C’est par la parole et donc grace au son que son personnage devient un homme à part entière quittant le masque de terreur qui l’emprisonne dans toute la première partie du film. En effet jusqu’alors on n’aperçoit Hans Beckert dans de courtes scènes où il n’est que silhouette ou encore grimaçant devant son miroir. La parole ne semble pas être à la portée de ce sociopathe qui nous apparait jusqu’alors comme un enfant appeuré, qui n’aurait pas la possibilité de communiquer comme il le dira dans sa plaidorie:
“Je porte en moi cette malédiction, cette brûlure, ce supplice…”
“Je cours entouré des fantômes des mères et des enfants, et quand je cède tout s’évanouit autour de moi”



Avec “M le maudit” , Lang signe son retour, grace à la confiance du producteur Seymour Nebenzahl ( qui vient de cartonner avec les désormais classiques : “Loulou” de Georg Wilhelm Pabst, et les “Hommes du dimanche” de Robert Siodmak) . On la vue le tournage qui ne durera que 6 semaines est précédé d’un travail d’écriture minutieux non seulement pour la dramaturgie mais aussi pour les dialogues. Non seulement Lang va s’inspirer des faits divers, mais il souhaite aussi plonger dans la noirceur de l’être humain, il écorche les notions de Bien et de Mal, de culpabilité et d’innoncence dans un premier film parlant où l’esthétique ne perd en rien ce que le film gagne en sonore.

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