Les Métiers du Cinéma (10)
Petite lettre pour vous et les autres…
Mes chers amours de lecteurs et cher tout le monde,
Aujourd’hui… Je ne parlerais pas de court-métrage polémique, je ne parlerais pas de livres sur le cinéma qui ne sont plus trouvables chez vos libraires, je ne parlerais non plus de Céline Dion et de son film dont on nous rabat les oreilles mais que seuls les américains et les anglais pourront voir. Mais aujourd’hui, j’ai envie d’écrire sur vous. Oui ! Envie de pousser un petit coup de gueule.
Ceux qui ont pris le temps de lire ma présentation ont probablement vu que je suis scénariste. Tiens, scénariste ? Mais qu’est-ce donc ?
Pour répondre à cette question en étant le plus bref que je le puisse, un scénariste écrit des scénarios, les histoires qui serviront de colonne vertébrale aux films que vous irez voir ou télécharger ou au pire des cas, attendrez de voir sur TF1 quand Canal vous en aura fait une overdose. Un scénariste imagine, se met en quatre pour vous émerveiller, faire rire, pleurer, aimer un acteur ou détester un acteur (si, si, certains scénaristes écrivent pour des acteurs qu’ils détestent pour les rendre plus détestables encore aux yeux du public. Je ne balancerais pas de noms, sinon je perdrais tout espoir de gagner un César un jour, tellement ceux-ci sont nombreux).*
Vous avez compris ou je dois vous faire un dessin ? Donc, si je suis scénariste, je ne suis pas…
1 – Agent artistique : une mère de famille vient me voir avec une fille aussi attirante qu’une dorade grillée et la crinière d’un balai à toilettes teint de résidus de matière fécales. A l’air de ressemblance entre les deux, on imagine le lien qui les unit.
La mère : Monsieur, vous qui travaillez dans les films, vous voulez pas faire tourner ma fille ?
Moi : Ecoutez madame, votre fille a-t-elle de l’expérience dans le jeu ?
La mère : Elle adore le Monopoly et les Petits Chevaux.
Moi : Je parlais de théâtre, de jeu d’acteur. A-t-elle déjà pris des cours de théâtre ?
La mère (qui s’énerve) : Comment ? Déjà qu’elle est moche, ma fille, faut qu’elle apprenne à jouer ? Mon pauvre, elle est pas foutue de retenir le digicode de l’immeuble, qu’est-ce que tu veux qu’elle fasse du théâtre ?
Moi : Faut qu’elle commence par là, ce serait un excellent début.
La mère : Allez viens ma fille, je vais t’inscrire à Secret Story, là, il y aura de vrais professionnels.
2 – Chroniqueur mondain : non, je ne connais pas la vie privée des stars, et SCOOP : je m’en balance…
Une passante : Hé vous, vous connaissez Catherine Deneuve ?
Moi : Non, madame, je n’ai pas ce plaisir.
La passante : Paraît qu’elle est toute refaite.
Moi : Et vous, qu’est-ce que vous faites devant une clinique esthétique bandée comme ça ?
La passante : C’est pas pareil.
Encore une perle :
Un homme éméché : Hé, alors le cinéaste, il paraît que Depardieu est rarement sobre ?
Moi : Je suppose que comme tout le monde, ce grand monsieur doit être un bon vivant.
Un homme éméché : Non, paraît qu’il est bourré tout le temps.
Moi : Qui vous a dit ça ?
Un homme éméché : Je sais pas. C’est ce qu’on dit.
Moi : Vous ne devriez pas écouter les ragots.
Un homme éméché : Ah ben, vous savez, si Depardieu était sobre, il ferait plus de film, faut être bourré pour faire les merdes qu’il fait !
Moi : Et vous, si vous étiez sobre…
Le barman (qui arrive) : Oh parle pas de malheur, jeune, j’ai pas envie de faire faillite !
3 – Intermittent du spectacle : Non, un scénariste n’est pas intermittent du spectacle. Il n’a pas besoin de faire d’heures pour avoir le chômage (principale motivation des intermittents), il vit de droits d’auteur, pour les plus chanceux, et du RSA, d’amour et d’eau fraîche pour les autres, mais il est solidaire et les soutient de tout son cœur avec eux dans leurs revendications et surtout n’hésite pas à prendre leur défenses face à ce genre de scène :
Une vieille femme : Ohlàlà, ces intermittents du spectacle, ils sont encore en grève ! Vous avez vu ça, madame Lucienne ?
Une deuxième vieille femme : Ah vous voyez, c’est ça, mai 68 ! Tous des fainéants maintenant !
La première vieille femme : Oh regardez, quelle belle lumière…
La deuxième vieille femme : Oh les beaux décors ! Tiens, pour une fois, elle est bien maquillée celle là !
La première femme : Oh c’est joli ce film !
Moi (derrière les vieilles) : S’il vous plaît mesdames, j’aimerais apprécier ce film fait par des intermittents fainéants, entre deux grèves.
Oui, même dans un cinéma d’Art et d’Essai (Cinéma Mazarin, Aix-en-Provence), on entend ce genre de stupidités.
4 – Producteur : Merci aux « wannabe », apprentis comédiens et techniciens de s’adresser aux personnes les plus aptes à vous embaucher. Non, un scénariste n’a (malheureusement, et je le déplore) pas le pouvoir de choisir ses techniciens et comédiens. Mais ce choix fait partie des (trop nombreuses) prérogatives des réalisateurs avec la bénédiction (du chéquier) du sacro-saint producteur. Oui, un auteur ne peut pas avoir de conditions ou de droits de regards là dessus sauf s’il est scénariste-réalisateur ou le must : scénariste-réalisateur-producteur, mais là, c’est comme le pétrole, faut chercher longtemps avant d’en trouver.
Et enfin, je ne suis pas, et je vous em*** :
5 – Malade mental : j’ai fait le choix d’écrire, car j’aime écrire. L’écriture est pour moi l’occasion de me laisser aller à créer des situations, des personnages à qui je ferais vivre des aventures, de la romance, de l’humour, du frisson, des dilemmes, des bonheurs, bref, tout ce qui donnera aux spectateurs l’envie de s’identifier aux personnages. Et de ce fait, NON, je n’écris pas pour combler une vie plate ! Non, je n’utilise pas l’écriture pour me défouler et régler mes problèmes personnels, je m’en inspire, nuance ! Et oui, je me porte bien, et porte en moi une joie de vivre que je veux transmettre à tous !
Voilà, la prochaine fois que quelqu’un se présentera à vous, comme scénariste, ne lui crachez pas dessus un venin de méchanceté sur les célébrités (le « blog » jeanmarcmorandini.com et la presse people sont là pour ça), ne le prenez pas pour un pole-emploi et encore moins un juré de la Nouvelle Star, mais dites lui simplement merci d’être là, car comme le disait si bien Alfred Hitchcock « Pour faire un bon film, il faut d’abord un bon scénario, un bon scénario et un bon, scénario ».
Je vous embrasse,
Frédéric ESPI.
Promouvoir un film par le marketing viral
Le marketing viral est aujourd'hui au coeur de toute campagne promotionnelle sur Internet. Non seulement il s'agit d'une technique efficace, mais elle permet aussi d'économiser une part importante d'un budget de communication.
Tout d'abord, qu’est-ce que le marketing viral ? On pourrait simplement le définir par l’utilisation de l’influence des internautes pour promouvoir un produit ou une marque (ici un film ou une série) par le bouche-à-oreille.
Mais concrètement, comment ça se passe ?
D’abord, parlons du film The Blair Witch Project (Myrick & Sanchez, 1999). Comment réaliser des recettes d’environ 250 M$ avec juste un budget de 60000$ ??? Un coup de chance, un film génialissime ou une bonne promotion ? Réponse: le marketing viral.
Hélas, non, il ne s'agit encore pas d'une prestigieuse récompense française enfin attribuée au maquillage de cinéma, lui reconnaissant enfin sa juste place dans cette industrie, mais, plus prosaïquement, du coût des choses. Comme je l’annonçais dans la chronique Qui sont les maquilleurs sur un film ? cette chronique s’adresse en particulier aux cinéastes débutants ou amateurs qui n’ont pas (prévu) le budget maquillage nécessaire pour leur tournage et demandent des maquilleurs bénévoles et si possible à tout faire (coiffure, habillage, stylisme, chauffeur, café ou balayage - mais si, ça s’est vu…) en plus du maquillage.
La préparation du maquillage au cinéma avant tournage
Après quelques années de pratique, un professionnel (réalisateur, producteur, ou assistant réalisateur) est bien au courant de ce qu’implique la préparation et la réalisation d’un effet de maquillage (ou plusieurs) en termes de délais, de personnel et de fournitures, et donc de coûts. Il n’en est pas de même pour les jeunes en fin d’études, puisqu’on ne leur enseigne encore rien en 2009 dans les écoles françaises à ce sujet, ni, bien évidemment, pour les films de cinéphiles amateurs, si passionnés soient-ils.
Je vais donc m’adresser tout particulièrement dans cette chronique à ces jeunes aspirants réalisateurs passionnés - mais des professionnels plus chevronnés pourront aussi y trouver des choses utiles -, leur dévoiler le revers de la médaille, ce que d’habitude on ne voit pas et qui demeure ignoré dans la plupart des cas, mais qui ne peut pas ne pas exister avant un tournage. J’espère que cela permettra à ces jeunes réalisateurs d’y penser sérieusement avant de demander un miracle improbable à leur maquilleur pris au hasard à la dernière minute, comme on le demande trop souvent par méconnaissance, voire ignorance, du sujet.
Comment devenir maquilleur (2e partie)
Comment devenir maquilleur ? (1ère partie)
Vous avez envie de devenir maquilleur, mais vous ne savez pas comment faire. Si vous êtes adolescent, vous vous renseignez auprès du Conseiller d’Éducation de votre collège ou lycée qui vous dira qu’il ne connaît rien d’officiel sur ce métier, mais qu’il y a des écoles privées très chères pour un avenir très incertain. Et pour cause : le métier n’existe pas encore juridiquement, donc officiellement, même s’il existe de fait depuis longtemps au théâtre et au cinéma depuis Méliès. Pourquoi ? Parce qu’il n’existe encore aucun critère administratif ni cursus national commun à toutes les écoles et conduisant à un diplôme national reconnu par l’Etat.
Ce métier, reconnu dans le monde entier, n’a pas encore de statut juridique en France. Il n’est donc pas admis aux registres des Métiers des artisans, ni au Registre du Commerce des sociétés. Il n’est pas davantage admis comme profession libérale, puisque celles-ci n’ont le droit de fournir que des conseils et non des services, exceptées les professions médicales. Autre possibilité, vous êtes un peu plus âgé, vous avez déjà un métier, mais vous voulez en changer. L’ANPE du Spectacle ne vous acceptera pas parce que bien évidemment vous n’avez pas encore les justificatifs nécessaires pour cela.
Alors, comment entrer dans une profession qui n’existe pas ? Je vais vous donner quelques pistes, sans rien pouvoir vous garantir, et vous expliquer les particularités de l’accès à ce métier.
Les différents types de maquillage au cinéma
Nul ne saurait vouloir rendre obligatoire l’usage du maquillage sur un film actuel. Pas même un maquilleur. Pourtant, si la chose est envisageable sur un reportage d’actualité ou un documentaire, ce serait bien dommage de s’en passer en fiction. Le film raconte une histoire avec des acteurs. Les acteurs d’aujourd’hui n’ont pas forcément la même allure que le personnage qu’ils sont chargés d’interpréter. Il peut s’agir de films d’époque - et là le recours au maquillage et postiches devient indispensable - ou de personnages plus âgés, plus jeunes, blessés ou d’extraterrestres - et là il est inévitable ; dans d’autres cas, il faudra rajeunir certains artistes, ou leur redonner une mine pimpante s’ils sont malades : on en conçoit bien la nécessité… Pour autant, la plupart des personnages de fiction ne seront pas censés être maquillés. Le maquillage devra donc à la fois servir efficacement et raconter l’histoire du personnage et ne pas se voir en tant que maquillage. Comment résoudre cette nouvelle quadrature du cercle ?
C’est le métier du maquilleur. Alors, que lui demander ? De quoi doit-il être capable pour être un vrai maquilleur de cinéma capable de faire votre film ? C’est ce que nous allons aborder aujourd’hui.
Qui sont les Maquilleurs sur un film ?
Le maquillage est un métier mal connu. On parle des maquilleurs, de la maquilleuse, mais on ne sait pas clairement quels sont leurs points communs et leurs différences. On ne connaît pas les maquilleurs : s'ils sont cités discrètement et rapidement au générique, ils ne sont pas reconnus en France par les César ou les Molière. De plus, aucune école de cinéma n’enseigne aux futurs réalisateurs ou directeurs de production les véritables ressources que pourrait leur offrir le maquillage, ni comment travailler avec les maquilleurs, encore moins à réserver au maquillage une place budgétaire suffisante. Or le maquillage est une discipline créative à part entière du cinéma, et peut contribuer largement au succès d'un film, comme nous l'avons vu dans la chronique précédente.
Parler du maquillage au cinéma est un vaste sujet, si vaste qu’il faudra plusieurs chroniques rien que pour s’en faire une idée générale. Il y a tant de choses à traiter que si on commence n’importe où, n’importe comment, on va vite s’y perdre. Aussi je vais m’efforcer de sérier chronologiquement les choses, afin de garder une certaine cohérence, en commençant par un rapide (donc forcément approximatif et incomplet, vous voudrez bien me le pardonner) survol de l’historique du maquillage, des origines à nos jours.












