Mercredi, 17 Juin 2009 04:50

Two Lovers

Quand Léonard révèle enfin sa flamme à son amie. Quand Léonard révèle enfin sa flamme à son amie. Magnolia Films
New-York, quartier de Brooklyn. Jeune homme très replié sur lui-même à cause d’une récente rupture, Léonard a tout du « Tanguy » moderne. Ses parents tiennent un pressing dans lequel Leonard travaille occasionnellement. Leonard sort peu et doit souvent se contenter des repas familiaux pour rencontrer du monde. Un jour, son père lui présente Sandra, la fille de son nouvel associé. Elle est douce, elle est sérieuse, elle est belle. Et en plus, elle craque pour Leonard. Ce dernier, sous le charme, finit par tomber amoureux, sous la bénédiction de leurs parents respectifs. C’est à ce moment précis qu’une troublante voisine, Michelle, débarque dans la vie (trop ?) tranquille de Leonard : ce dernier, devenu son confident, franchira t-il le pas, quitte à faire souffrir Sandra et sa famille ?

Two Lovers : l’Amour, une équation compliquée.

L’Amour peut parfois amener à faire des folies, et à se rapprocher de gens que l’ont croient aimer mais qui, au fond, sont loin d’être notre idéal. D’autant que dans Two Lovers, les filles sont très différentes, comme rarement des femmes ont pu l’être au cinéma. C’est vrai qu’elles ont, chacune, des qualités que Leonard désire chez une femme, mais il ne peut être avec les deux. Il sait qu’avec Sandra, il n’aura pas de surprises ; sa vie risquant d’être monotone. Il mettrait alors de côté ses ambitions et serait probablement perturbé à un moment donné. A l’opposé, Michelle est un extravertie, une « folle furieuse » mais justement, elle est trop instable et versatile. Ce qui, là aussi, pourrait être source de problèmes pour Leonard. En partant d’un postulat amoureux classique (le fameux « Triangle » amoureux), James Gray s’en est écarté pour donner « sa » version de l’Amour. Plus exactement, il s’est approprié ce thème très utilisé au cinéma pour lui donner une nouvelle force. Il a transcendé le genre, en empêchant le spectateur d’être totalement pour ou contre ces deux femmes, qui courtisent et sont courtisées par Leonard. En fait, le spectateur est devenu Leonard. Avec ses doutes, ses interrogations, ses envies… Il évite tout happy end, grâce à la succession d’innombrables rebondissements. Le scénario est haletant de bout en bout ; chaque retournement de situation excite le cerveau de chaque téléspectateur et la fin est, comment dire... Magistrale ! Tout simplement. La musique sait se faire discrète. Apparaître soudainement puis s’en aller aussi vite, comme dans un souffle. Celui de l’Amour.

James Gray maitrise le rythme de son film au millimètre près. Il sait exactement quand un acteur est habité par son rôle ou pas, il sait où placer ses caméras et il sait également s’entourer de grands acteurs. Enfin, grands, par la qualité de leurs prestations car, rappelons-le, Mesdemoiselles, Mesdames, Joaquin Phoenix ne mesure « que » 1.76 mètre...

James Gray parvient à faire « douter » ses acteurs, qui donnent alors le meilleur d’eux-mêmes. Jamais Gwyneth Paltrow n’avait joué avec tant de grâce, et d’énergie. Elle si souvent cantonnée à des rôles de minettes ou de femmes au rôle très « calibré », elle en surprend plus d’un, c’est certain ! Vinessa Shaw, nettement moins connue du grand public (et c’est bien dommage : rattrapez-vous donc en regardant Ladybugs et I Love L.A) et habituellement sous-employée, est très crédible en jeune demoiselle modèle. Mais il faut toujours se méfier de l’eau qui dort, c’est bien connu. Bien sur, parler de Two Lovers sans parler d’Isabella Rossellini eut été un crime. Oui, un crime de lèse-majesté. Blue Velvet, Sailor et Lula, Wyatt Earp, c’est elle…On ne présente plus cette grande Dame, dont les prestations, bien que généralement courtes, transcendent souvent les œuvres où elle apparaît. Blue Velvet, Sailor et Lula et maintenant, Two Lovers : Isabella Rossellini sait décidément choisir ses films. Des films gravés à jamais dans la conscience collective. Mais je m’emporte, et j’ai donc failli oublier Joaquin Phoenix, digne successeur de son regretté frère River (Stand by Me), qui fait preuve, encore une fois, de son immense talent. Tout comme il l’avait fait dans La Nuit nous appartient, du même réalisateur. Joaquin, Gwyneth, Vinessa, Isabella : un casting chic et choc.

Pour un film en passe de devenir culte. A voir absolument.

Note des internautes :
( 3 Votes )

2 commentaires

  • Lien du commentaire Allan Samedi, 27 Juin 2009 04:57 posté par Allan

    Film magnifique, mais on devine trop facilement la fin. ATTENTION SPOILER. Dans le film, comme dans la vraie vie, la relation entre 2 cas sociaux (c'est le cas de la dire) ne peut pas marcher à terme. A un moment donné, il y a clash. De plus, Leonard est un gars gentil, limite attentionné (ce qui plait justement à Sandra), à l'opposé du type d'homme qui plait à Michelle (suffit de voir son amant, qui représente la mâle dominateur dédaigneux). Pour cette raison, malgré l'attirance qui peut exister, on voit mal comment Michelle peut tomber amoureuse de Leonard. Il est vrai que je n'aurais pas été surpris si Leonard aurait décidé de se suicider à la fin du film, mais la conclusion est ce qu'il y a de plus logique... Cela n'ote en rien la beauté de l'histoire !

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  • Lien du commentaire N.C. Vendredi, 26 Juin 2009 17:53 posté par N.C.

    Ce film représente certains choix a faire lors d'une vie... et on a pas toujours ce qu'on veut... UN joaquim Phoenix parfait et qui montre tout les doutes de l'être humain.

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