En décembre dernier, il était convenu que Sam Raimi (réalisateur des 3 Spider-Man) rempile avec Tobey Maguire et Kirsten Dunst, interprètes respectifs de Peter Parker et de sa fiancée M. J. Watson. De son côté, Le scénariste James Vanderbilt, à qui l'on doit Zodiac de David Fincher, écrivait le scénario et devait même envisager un traitement pour deux autres suites : Spider-man 4 aurait été le premier d'une nouvelle trilogie.
En raison du retour de Dylan Baker (qui incarne le docteur Connors), on murmurait l'apparition du Lézard, à savoir l'alter-ego du docteur. Il en est de même du retour de Bruce Campbell dans un rôle plus développé que ses apparitions furtives. Campbell allait-il incarner Mysterio, autre ennemi de Spider-man ? Mais John Malkovich a annoncé qu'il avait été contacté par Raimi lui-même pour incarner le Vautour. Un choix d'autant plus logique lorsque l'on sait que ce personnage devait initialement apparaître dans Spider-Man 3 : au final, Sony l'a remplacé avec Venom.
En conséquence, le dernier entretien entre le réalisateur et la production a pris des allures de coup de théâtre : les deux parties se sont retrouvées dans l'impossibilité de trouver une solution qui permet de concilier leurs visions. Résolue à ne pas accorder de crédit aux idées de Raimi, la production a décidé de se séparer du cinéaste et de son équipe. En dépit de ce changement de personnel, la situation n'a pas de quoi être alarmante : la série des James Bond ont prouvé que la longévité d'une saga n'était pas dépendante de l'assiduité d'un acteur. Or, l'annonce fait état d'une décision des plus radicales, puisqu'il ne s'agit plus de concevoir un quatrième épisode, mais de tout reprendre depuis le début dans une logique de « reboot ».
Ce procédé, le « reboot », a été officialisé par Marvel Studio à l'occasion de l'Incroyable Hulk de Louis Leterrier. Le film n'est pas une suite au Hulk d'Ang Lee, mais bel et bien un long-métrage destiné à lancer une nouvelle franchise. Les cas de James Bond, de Batman ou du dernier Star Trek ont prouvé qu'un tel procédé pouvait trouver un accueil enthousiaste auprès du public : plutôt que de continuer d'épuiser le filon avec les mêmes équipes, autant repartir à zéro avec du sang neuf.
Ainsi, par ce reboot, les responsables de Sony Picture affirment leur volonté de reprendre leur mainmise sur la franchise. Un choix étonnant, mais nous devons considérer le retard que le projet prenait et qui a, semble-t-il, motivé les dirigeants : une date de sortie est déjà planifiée pour Mai 2011. D'ailleurs, depuis cette annonce, les événements se précipitent. Un remplaçant pour Sam Raimi a été trouvé en la personne de Marc Webb. Inconnu du grand public, il est le réalisateur de la comédie romantique 500 jours ensemble. Malgré ses bonnes intentions (il se déclare fan de Spider-man), il nous faudra attendre l'été 2011 pour savoir si leur décision s'est bien avérée judicieuse.
On souligne que cette option aborde tout de même le rapport entre le public et la saga : comment réagira-t-il à ce projet de remake alors que le dernier opus a très bien marché au Box Office (plus de 300 millions de dollars) et ne date même pas d'une décennie ? En voulant reprendre les rênes, Sony ne vient-elle pas de tuer la poule aux œufs d'or ?












