Samedi, 19 Décembre 2009 23:44

Avatar

Sam Worthington et son avatar Sam Worthington et son avatar 20th Century Fox
En cette année 2009, Noël est arrivé avant l’heure et le Père Noël n’est pas venu de Laponie… mais du Canada. James Cameron nous apporte dans sa hotte un cadeau qui porte un coup de grâce à tous les blockbusters de cette année. Après douze ans d'absence depuis Titanic, autre production démentielle du réalisateur canadien, Cameron dévoile enfin son bébé. AVATAR. Imaginé lors de son enfance, ce projet de toute une vie aura dû attendre des années de préparation pour voir le jour. Du développement de nouvelles caméras à l’attente de la présence plus accrue de projecteurs HD et 3D dans les cinémas, rien n’a été laissé au hasard. L’attente n’aura pas été vaine, car le résultat est totalement bluffant. Pour une fois le buzz est vraiment justifié !

 

Dans le futur, la Terre est appauvrie de ses richesses naturelles et est au bord du chaos. Une mission militaire est envoyée sur la planète Pandora pour y extraire un minerai rare et extrêmement cher. Cette planète, aussi sauvage et dangereuse que magnifique, est habitée par les Na’vi. Ces derniers, des humanoïdes à la peau bleue et mesurant trois mètres, refusent d’aider les Terriens dans leur quête destructrice contre la nature. La mission décide finalement de créer des avatars, un hybride Na’vi avec de l’ADN humain contrôlé à distance par la pensée, afin de pouvoir infiltrer la communauté autochtone et de résoudre le problème pacifiquement. Jake Sully, un ancien marines paraplégique, est appelé pour remplacer son frère jumeau décédé, afin de le remplacer dans sa mission et de contrôler l’avatar qui lui était destiné. La mission qui devait remettre un peu de piquant dans sa vie, va finalement la changer, ainsi que la destinée de Pandora.

 

Je ne serais pas le premier, ni le dernier à le dire, mais Avatar est une révolution dans l’histoire du cinéma. N’y allons pas par quatre chemins. La réalisation frôle la perfection. Je mets au défi quiconque de trouver mieux en qualité de CGI (images de synthèse) et de leur intégration avec des prises de vues réelles. Jamais le cinéma en images de synthèse n’aura été aussi bluffant de réalisme. Et quand je dis bluffant, c’est que le spectateur n’est plus capable de distinguer parfaitement ces deux types d’images. Les Na'vi laissent bouche bée, entre leur texture, leurs mouvements et l'émotion sur leur visage (les regards !!!), on comprend qu'une nouvelle ère du cinéma a débuté. A cela s’ajoutent les effets 3D qui rendent l’immersion dans le film encore plus intense. Je n’ai pas spécialement trouvé ces effets impressionnants (peut-être est-ce dû au fait qu’il faille le voire en IMAX 3D pour en profiter un maximum), mais leurs présences permettent juste de rendre encore plus agréable l’esthétisme du film, sans pour autant faire gadget et détourner l’attention du spectateur.
Ainsi, outre la qualité de la réalisation et de la mise en scène, le spectateur ne peut que savourer son voyage sur Pandora. Par moment, on pourrait même se croire dans une visite guidée virtuelle. Entre les paysages, la flore, les animaux, le ciel, les couleurs, les lumières… on rêve. On prend ainsi un plaisir exquis à regarder ces magnifiques images au point que les temps morts passent très vite. Puis dès lors que les scènes d’actions passent à l’écran, le rêve fait place à l’extase tellement l’immersion est totale ! Cameron avait promis que la bataille finale serait LA mère de toutes les batailles de l’histoire du cinéma. C’est peut-être arrogant, mais l’intensité est telle qu’on n’est pas loin du tout de la vérité.

 

Si les images sont sublimes, il ne faut pas oublier que tout le travail derrière est titanesque. James Cameron, qui a travaillé sur ce projet depuis son adolescence, a eu tout le temps de créer tout l’univers de Pandora, de la civilisation des Na’vi, à leur culture, en passant par leur langage. Tel un Tolkien avec sa Terre du Milieu, Cameron nous transporte dans un monde magique où tout a été pensé. L’idée de présenter et d’expliquer certaines choses par le biais des scientifiques de la mission Terrienne rend encore plus intéressante (plus crédible ?) la découverte de cette planète et de son peuple. On savait Cameron friand des détails, Avatar n’en déroge pas à la règle, puisqu’il a même fait appel à une ethnomusicologiste pour aider James Horner à créer la musique du film, afin d’avoir une ambiance à l’image de Pandora. Le résultat est sublime. Les thèmes sont accrocheurs, l’ambiance envoutante, et les chœurs en langues Na’vi intenses. Personnellement, après des jours d’écoute en boucle, j’en arrive à la conclusion qu’il s’agit de la meilleure BO que j’ai pu écouter depuis la musique de la saga du Seigneur des Anneaux d’Howard Shore.

 

Si Avatar se distingue d’autres blockbusters d’un point de vue technique, il a aussi le mérite de porter un message. Ainsi au-delà de la science-fiction, Cameron a voulu apporter une critique vers l’attitude humaine vouée à détruire la nature pour satisfaire ses besoins, sans porter la moindre considération à toute la faune et la vie animale qui la peuplent. Un blockbuster écologique si on veut. Et il vrai que si les paysages préservés laissent rêveur, la Terre n’a rien à envier à Pandora, mais pour combien de temps encore ?

 

Maintenant, le film est loin d’être parfait (malheureusement), faute à un scénario un peu plat. Dommage, car le film aurait était alors parfait. Par contre, avant que mes propos soient mal interprétés, je tiens tout de suite à dire que le scénario reste bon. En effet, un travail d’écriture inclut entre autre le développement du cadre de l’histoire et toute la mythologie qui la concerne. Or de ce point de vue, comme je l’ai dit précédemment, le scénario d’Avatar est tout simplement énorme. De plus, le film est bien rythmé (on ne s’ennuie pas durant les 2h40) et les dialogues évitent les clichés.
Néanmoins, la trame reste trop simple. L’histoire, souvent cousue de fil blanc, apporte peu de rebondissements. C’est à se demander si Avatar ne serait pas un projet de trilogie (pas confirmé par Cameron) et que le rôle du premier volet ne serait que de nous présenter l’univers et les personnages. Dans cas, il n’y aurait rien à redire. Ma deuxième, et dernière critique, concerne les personnages. Si le film est en 3D, les personnages paraissent bien plats, voire creux pour les personnages secondaires. Mis à part Jake Sully (Sam Worthington) et Neytiri (Zoë Saldaña, vue dans Star Trek), la princesse Na’vi du clan des Omaticaya, on ne peut pas dire que les autres protagonistes ait été très approfondis (pourtant en presque 3h, il y avait le temps). Dommage car les personnages de Sigourney Weaver (Alien) et de l’excellente CCH Pounder (The Shield) auraient pu être beaucoup plus intéressants. On nage beaucoup dans une dualité basique Gentils/Méchants, où les méchants sont très caricaturés avec Selfridge (Giovanni Ribisi, vu dans Lost in Translation) en directeur de mission aux dents longues et le Colonel Miles Quaritch (Stephen Lang, vu dans Public Enemies) en parfait enfoiré de militaire. Par conséquent, il est dur d’évaluer les performances des acteurs. Seul Sam Worthington (Terminator Renaissance) sort donc du lot. Tout en restant simple, son interprétation humble colle à la peau de son personnage blasé au bon cœur. Cet acteur charismatique est devenu très vite une très grande star cette année et on l’attend impatiemment dans son prochain film, encore un blockbuster, Le Choc des Titans.

 

Avatar est donc LE film de l’année et très certainement un des plus grands films de la décennie. Un film ABSOLUMENT à voir, ne serait-ce que pour profiter de la qualité exceptionnelle des images. La Révolution tant attendue à porter toutes ses promesses. Il ne reste plus qu’à attendre une suite, qui ne dépend que du succès commercial du film. Succès qui est déjà en marche.
Film le plus cher de l’histoire du cinéma (sans prendre en compte l’inflation), avec un budget de production supérieur à 300M$, il laisse très loin derrière d‘autres méga productions comme le dernier Pirates des Caraïbes, Spider-Man 3 ou encore Superman Returns, qui en comparaison paraissent très cheap d’un point de vue qualitatif. James Cameron frappe donc un grand coup pour son retour et se positionne comme un des tous meilleurs réalisateurs SF au monde (Michael Bay peut aller ranger ses Transformers…).
Cameron avait marqué les années 90 avec son Terminator 2, il marquera ainsi cette décennie et celle à venir… Et on attend impatiemment la suite, à commencer avec son prochain film, Battle Angel !!!

 

Acteurs : 7
Mise en Scène : 10
Montage / Effets Spéciaux : 10
Musique : 10
Photographie : 10
Scénario : 7
Note : 9,1

 

Note des internautes :
( 4 Votes )

 

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5 commentaires

  • Lien du commentaire Allan Kilic Lundi, 21 Décembre 2009 20:36 posté par Allan Kilic

    Je trouve la comparaison avec Star Wars déplacée.Plus de 30 ans séparent les deux films, avec toutes les innovations technologiques qu'on connait entre temps. Il était plus facile d'innover avant dans la SF en 77 que maintenant en 2009. Et vue la complexité des technologies (Star Wars, c'était plus des bonnes idées de mises en scène que de la technologie à l'état pure), c'est normal que le coût de prod est impressionant.

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  • Lien du commentaire Cyril Lecroix Lundi, 21 Décembre 2009 15:48 posté par Cyril Lecroix

    750 mots pour dire que Avatar est beau et que le travail de réalisateur de James Cameron est top ! Je vais faire plus profond et plus bref. L'histoire c'est du réchauffé : simplement la colonisation de l'Amérique par l'homme blanc avide, le massacre des indiens = parallèle avec les Na'vis (elfes de l'espace) et le minerai de pandora, des peaux rouges aux peaux bleues il n'y a qu'un pas. Une vitrine technologique éblouissante permettant à James de justifier le budget, amener du monde dans les salles, et surfer sur la fable écologique. Quand à la révolution dans le monde du cinéma, je ne suis pas d'accord : George Lucas n'avait pas autant de budget pour le premier volet de sa trilogie (10M$ seulement). Au final on retient que plus d'argent = plus d'esthétique. L'homme aime ce qui est beau, James le sait. George lui il a proposé Jabba le Hutt et a tourné dans le désert en Tunisie. Qui est le génie ? Remettons donc cet Avatar a sa vraie place : un Pocahontas bling bling version futuriste.

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  • Lien du commentaire Stefane Bihan Lundi, 21 Décembre 2009 14:36 posté par Stefane Bihan

    Je suis pas loin de penser que ces dernières années ,les version director's cut ne sont qu'une opportunité a faire du pognon. Je suspecte même les réalisateurs de les prévoir au premier montage pour pouvoir faire une autre sortie DVD . Il y a quelques années, cette notion avait un sens réel (Ridley Scott et son BLADE RUNNER par exemple). mais après tout......je ne vois que le coté obscur parfois....(en voila une qui ne se justifiait pas........)

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  • Lien du commentaire Allan Kilic Lundi, 21 Décembre 2009 12:56 posté par Allan Kilic

    En fait, j'ai lu entre temps que le film aurait été coupé d'une demi heure au montage. A voir si c'est vrai... Mais dans ce cas-là, on aura sûrement un director's cut, qui étoffera un peu plus le scénario et les personnages.

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  • Lien du commentaire Stefane Bihan Lundi, 21 Décembre 2009 12:30 posté par Stefane Bihan

    Bonjour Allan je suis as loin de penser comme toi sur le film de l'année.....voir de la décennie. Une maitrise si parfaite aurait néanmoins gagné du galon avec un scenario digne de ce nom . Quand un projet est porté et réfléchi depuis de si nombreuses années, on a quand même ce coté amer de scenar un peu bâclé. Si j'avais été Cameron.......(loin de moi ce talent) j'aurai occulté le coté militaire qui frise par moment la caricature. Peu être j'aurais mis en opposition les scientifiques sur la façon de gérer le minerai. J'aurais surement aussi accentuer l'exploration de la vie des NA'VI et de leur environnement (la se trouve la richesse de la création entre autre). Reste au final une bien belle machine a régaler les yeux ,mais qui aurait peu être gagné a l'élaboration d'un scenar plus appliqué (qui laisserait une porte ouverte a Avatar 2 par exemple.......)

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