Jeudi, 15 Octobre 2009 04:54

Mademoiselle Chambon

Vincent Lindon et Aure Atika Vincent Lindon et Aure Atika © TS Productions

Une ville de province, vaguement située dans le Sud, mais où personne n’a d’accent ;

Un couple, soi-disant heureux, mais qui a l’air de se faire chier grave ; un grand-père sénile :

C’est le cadre réjouissant de cette histoire d’amour désabusée, où une institutrice remplaçante se glisse un bref instant dans la triste vie du héros, lui faisant entrevoir ce qu’aurait pu être le vrai bonheur.

Vincent Lindon, qui incarne avec conviction cet antihéros hypersensible – Jean, maçon autodidacte qui aspire à des connaissances que les hasards de la vie ne lui ont pas permis d’acquérir – est comme toujours brillantissime !

Il porte ce film de bout en bout et apporte à son personnage une fragilité authentique.

Même Sandrine Kiberlain, sensée incarner la lumière qui illumine la vie de Jean, paraît fade en sa présence.

Il faut dire que, ni la réalisation – maladroite – de Stéphane Brizé, ni le montage ne servent les interprètes.

Sa narration étant de type naturaliste, à la limite même de l’hyper-réalisme – se complaisant à filmer la réalité dans ce qu’elle présente de plus banal – on aurait aussi bien pu imaginer un recours à des non-professionnels, comme dans les documentaires de Depardon.

En fait, quelles que soient les raisons profondes qui ont poussé les producteurs à adapter cette histoire, il est évident que la distribution de Lindon et Kiberlain (dont on connaît les antécédents amoureux) n’a pas été faite au hasard. D’ailleurs la promotion du film se fonde presque exclusivement là-dessus.

En tant que troisième élément du trio, l’épouse trompée (et encore l’est-elle surtout en pensée !), Aure Atika se sort plutôt bien d’un rôle difficile, qui consiste à réagir sereinement aux sautes d’humeur d’un mari qui fait la gueule quand il ne s’emporte pas !

Pour compléter la distribution, on notera la présence surprenante de Jean-Marc Thibault, visiblement très diminué, dans le rôle du père de Jean.

Globalement, ce film traîne en longueur. On attend désespérément cette scène d’amour-passion sensée changer la donne, tout en sachant qu’elle ne modifiera pas grand chose, tant les choses paraissent figées dans cette histoire.

Et lorsqu’elle arrive enfin, à un quart d’heure du dénouement, on est déçu par le peu d’enthousiasme que Brizé prend à filmer ces deux corps enlacés, un court instant libérés de leur carcan moral.

Après JE NE SUIS PAS LÀ POUR ÊTRE AIMÉ (prometteur) et ENTRE ADULTES (totalement raté), on peut se demander quels seront désormais les choix de carrière de Stéphane Brizé, dont ce terne MADEMOISELLE CHAMBON ne redorera certainement pas l'étoile!

 

Acteurs : 9
Mise en Scène : 5
Montage / Effets Spéciaux : 5
Musique : 6
Photographie : 7
Scénario : 4
Note : 6,0

Note des internautes :

( 1 Vote )

 

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