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Chronique sur "Inglourious Basterds" de Tarentino

DamonX Posté par: DamonX  
Tags : Film

Ma première chronique sur mon blog en réponse à celle d'Allan vu que je suis plus mesuré sur monsieur Tarentino :  car « Inglourious Basterds »  est  un film particulière réussi et particulièrement raté à la fois.

Son précédent « Boulevard de la mort » m’avait particulièrement  ennuyé pour les mêmes raisons : ses films sont cons, ça parle pour en rien dire, c’était atrocement vulgaire mais entrecoupé de scènes de cinéma incroyablement réussies (en particulier celle de violence – en l’occurrence dans ce film les accidents de voitures). Le grand avantage de ce film était sa durée courte (au environ d’1h30).

Quand il a commencé à parler de ce nouveauprojet : l’idée générale tournait autour d’un film culte « Les 12 salopards ». Oubliez totalement cette possibilité.

 

Le destin croisé d’une jeune juive dont la famille a été exécuté par un colonel nazi ; et d’une unité de soldats juifs américains (les Bastards) chargée d’actions punitives envers les nazis.

 

On va commencer par les griefs et on finira par les qualités car je suis un critique sympathique.

 

Une histoire assez linéaire pour une fois qui offre peut-être moins de surprises mais qui permet d’initier un parcours et un but. Simple : une vengeance pour l’un et une mission pour l’autre.

Ça se corse dans l’élaboration des divers scènes : 5 chapitres plutôt longuets (le tout fait 2h30 et ça se sent) qui sont dans l’ensemble à chaque fois une seule scène étirée en longueur pour entendre ses dialogues (car Tarentino est un orgueilleux qui adorent s’entendre parler ou entendre des acteurs parler, c’est la même chose). Dialogues qui se terminent généralement par une scène violente (et exceptionnelle) mais il aura fallu attendre parfois 20 minutes et on peut le dire, c’est la libération quand ça arrive.

Oui car les dialogues sont particulièrement ratés, ne parlent pas de grands choses (on est habitué ; Tarentino n’a rien à dire, c’est pourquoi il parle ; il est l’opposé d’un Eastwood pour ça), ne sont pas drôles (alors que pour ces autres films, je reconnais qu’ils étaient assez épicés (voir trop comme dans son film précédent) et comme ils constituent les ¾ du film : j’avoue que ça débordait pour moi (Tarentino est loin d‘être un Audiard).

Le premier chapitre en est symptomatique : il est la matrice du film tant il ne bougera pas d’un iota sur la forme narrative : dialogue abscons – scène violente et on passe à l’autre chapitre. On peut dire qu’il y a une progression chez l’artiste ou régression c’est selon.

Personnages sans grande caractérisation : ils sont dans l’ensemble tout cons, tous mauvais ; une habitude chez Tarentino (aime-t-il ses personnages ? C’est à voir). Le problème est évidemment pour les spectateurs : que ressent-on quand ils meurent ? [Un personnage tarentinesque n’a qu’une finalité : mourir comme une merde (voir à ce sujet le personnage de Travolta dans « Pulp fiction »)]. RIEN et c’est évidemment dommage. Vous verrez pour la fin de celui-ci mais cela ressemble vraiment à un spectacle sans âme.

Un gros casting comme d’habitude, qui paraît bien artificiel surtout du côté américain (Brad Pitt en tête qui incarne le héros tarentinesque par excellence : bref, encore un rôle à la con pour notre Brad ; il a fait donc beaucoup mieux et comme il a sûrement les dialogues les plus inutiles).

 

L’élément incroyable est que si je passe les qualités, je pourrais presque paraphraser ce que je viens de dire car c’est dans ses défauts qu’il y a des qualités incroyables.

La narration « indigeste » comme je le disais ne sert qu’à préparer l’explosion jouissive [je crois même que c’est un cas d’école pour étudier le coït : des préliminaires plutôt chiants, on tourne autour du sujet ; puis on s’avance vers l’ennemi, on l’attaque de toute part pour finir par la félicité suprême en l’aspergeant de sa semence ; haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!! ; c’est bon un Tarentino ( ?????)].

Car le visuel est extrêmement puissant : c’est bien filmé ; un montage très efficace et puis il y a les scènes d’action (ou plutôt de violence) : brutales à souhait (d’autant qu’on n’est pas préparé, on est même voire endormi, alors ça pète encore plus) très lisibles (en particulier une mais faut pas trop que je vous en parle pour vous laisser la surprise mais le carnage qui en résulte est particulièrement hallucinant ; d’où ma frustration d’une certaine façon de devoir attendre cette libération après avoir subi une longue scène de dialogue dont je me serais bien passé. Mais ! Aurait-elle été aussi forte si ce dialogue exaspérant n’avait pas figuré avant ?? To be or not to be ??).

D’une certaine façon du grand cinéma englobé d’un certain égocentrisme à mon sens.

Pareil pour les acteurs, mieux du côté européen qu’américain : Christoph Waltz  (dans des « Derrick » et autre « Rex ») incarnant le colonel maléfique, qui a reçu le Prix d’Interprétation Masculine à Cannes, est tout à fait extraordinaire tout comme Mélanie Laurent (notre petite juive avide de vengeance) ; divers participations plus ou moins visibles (j’ai raté Rod Taylor en Churchill : pas reconnu) comme celle de Mike Myers hyper grimé ; le réalisateur Eli Roth (« Hostel 1 et 2 » et le petit film de propagande interne à ce long métrage) en Bastard himself.

 

Un film frustrant comme souvent pour Tarentino qui dilue un superbe sujet (très fantasmatique néanmoins ; les historiens sont priés de ne pas aller voir le film ; il faut penser à votre santé) dans un déballage verbal à l’intérêt décroissant (par rapport à son début de carrière) et qui se rattrape sur l’autel de la violence qu’il filme avec une maestria et une volubilité assez remarquable [ou insoutenable pour certains et certaines (qui n’est pas revenue)].

Mêmes griefs, mêmes qualités ; il étonne peu le pépère Tarentino : la critique est plus mesurée ; le public enjoué (je sais où je me place comme ça).

 

Bon film !!

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