Xavier Bonastre
Mademoiselle Chambon
Une ville de province, vaguement située dans le Sud, mais où personne n’a d’accent ;
Un couple, soi-disant heureux, mais qui a l’air de se faire chier grave ; un grand-père sénile :
C’est le cadre réjouissant de cette histoire d’amour désabusée, où une institutrice remplaçante se glisse un bref instant dans la triste vie du héros, lui faisant entrevoir ce qu’aurait pu être le vrai bonheur.
Mères et filles
Trois femmes, trois générations :
- La grand-mère, Louise, a vécu toute sa vie recluse, interdite de travailler et d’avoir des loisirs, et aurait un beau jour décidé d’abandonner son mari et ses enfants.
- La mère, Martine, exerce aujourd’hui un métier gratifiant (médecin généraliste), mais loin d’en être reconnaissante à Louise, qui a tout fait pour qu’elle poursuive des études, elle conserve une haine farouche pour cette femme qui a préféré sa liberté à sa famille.
- La fille, Audrey, a depuis longtemps choisi la liberté. Elle revient dans la maison familiale à l’occasion d’une péripétie de la vie (une grossesse non-désirée) et découvre le journal intime de sa grand-mère et, avec lui, de lourds secrets…
C’est cette découverte et la confrontation de ces trois femmes (par le biais de multiples flashbacks) qui fournit sa trame à ce film tout en demi-teintes.Humpday
Voici deux vieux potes : Ben, citoyen américain lambda, marié et en passe de devenir père de famille et Andrew, routard barbu, plutôt sympa et très séduisant.
Le second débarque à une heure du mate chez le premier avec pour tous bagages ses fringues et une envie folle de jouir de la vie, mais sans la moindre intention de bousculer l’existence un tantinet routinière et étriquée de ses hôtes. Et pourtant, malgré lui, c’est bien ce qui va se produire…
L’histoire est avant tout celle d’une amitié, celle de ces deux copains d’enfance qui ont vraisemblablement connu la même adolescence, mais ont suivi depuis des routes bien différentes.
Forcément, la vie aventureuse d’Andrew exerce une fascination sur Ben, qui se demande s’il n’a pas trahi ses convictions profondes en rentrant dans le rang, au point de ressembler à Monsieur-tout-le-monde… Et Andrew lui-même n’est pas loin d’envier la vie confortable de Ben, auprès d’une femme aimante et mignonne (Anna), beaucoup moins obtuse qu’il aurait pu d’abord l’imaginer.
Human Zoo
Le film démarre sur une scène hyper-violente traitée dans des tons gris bleus (comme tous les flash-backs qui suivront), au cours de laquelle une jeune femme, la bouche en sang, qu’incarne Rie Rasmussen (vue dans ANGEL-A de Luc Besson), se débat au sol dans ce qui semble être une scène de viol.
De nos jours, à Marseille, on retrouve la même jeune femme – d’évidence une étrangère en situation irrégulière – qui revient paisiblement de faire ses courses et doit accepter les avances un peu lourdes d’un touriste américain (Nick Corey) pour échapper à un banal contrôle d’identité.
Tout le film s’organisera dès lors sur une mise en parallèle des choses terribles vécues par Adria (le nom du personnage de la jeune femme) avant son arrivée en France, alors qu’elle subissait au Kosovo l’invasion serbe avec son cortège d’atrocités, et ses réactions dans l’instant présent, dans le contexte rassurant d’une famille de libanais exilés (dans laquelle la mère est interprétée par Hiam Abbass) qui l’héberge…
Joueuse
Ah, la jolie côte découpée du littoral corse ! Et puis aussi l’île rousse et l’hôtel des Roches rouges (superbe établissement datant de 1912)… Que de jolis coins pour nos vacances à venir !
Et, au beau milieu de tout ça, Hélène, une pauvre et touchante femme de ménage (Sandrine Bonnaire), qui se prend d’un intérêt inexplicable pour un jeu auquel elle ne connaît rien : Les échecs…
Very Bad Trip
Quatre californiens trentenaires, amis d’enfance et gros déconneurs devant l’Eternel, décident d’enterrer la « vie de garçon » de l’un d’entre eux, Doug (Justin Bartha), sur le point de se marier.
Ils débarquent donc à Végas, les poches pleines d’oseille, bien décider à jouir de cette opportunité et offrir à leur copain les 24 heures les plus inoubliables de sa vie de célibataire !
Mais le beau-frère de Doug, Alan (Zach Galifianakis) qui a peur que tout ce petit monde ne profite pleinement de l’occasion, prend sur lui de glisser quelques doses d’ecstasy dans les boissons partagées à leur arrivée.
Hélas, en lieu et place des ecstasys, le dealer a refilé par erreur à Alan du rohypnol (une drogue puissante, dite « drogue du violeur »).
Du coup, nul d’entre eux ne conserve le moindre souvenir de cette nuit d’orgie et le film commence véritablement lorsque les trois amis se réveillent dans leur suite du Caesar’s Palace dévastée par un genre de cyclone, alors que Doug a disparu, qu’un tigre empêche tout accès à la salle de bains et qu’un bébé braille dans un placard…
Bancs Publics (Versailles Rive-Droite)
Trois décors successifs (un immeuble de bureaux, un jardin d’enfants et une grande surface de bricolage) + une foultitude de célébrités – souvent sous-employées – qui viennent dire un bon mot, puis tirent leur révérence à la manière de ces fresques historiques de Sacha Guitry, ça n’est pas suffisant – sur le papier, du moins – pour faire un bon film.
Pourtant, certains personnages sont si justement brossés qu’ils en deviennent attachants.
La vie de ces gens simples qui nous ressemblent finit par nous amuser et l’on se prend à rire de bon cœur, surtout dans le dernier tiers du film (le plus délirant) qui voit un déferlement de gags et nous conduit à l’heureux dénouement d’une romance teintée de poésie.
Whatever Works
Le personnage de Boris Yellnikoff, qu’incarne Larry David, interprète et créateur des séries « SEINFELD », de 1991 à 1998, puis surtout « CURB YOUR ENTHOUSIASM » (« Larry et son nombril ») de 2000 à 2007, n’est pas – à proprement parler – un amoureux d’autrui…
Comme Woody Allen, qui s’exprime et règle quelques comptes par sa voix, il hait ses prochains – ces misérables vers de terre illettrés –, qu’il insulte systématiquement avec beaucoup d’esprit, et ne professe d’amour que pour sa géniale personne.
Au passage, on notera qu’il est misanthrope (et donc à fortiori misogyne), il cultive comme W.C. Fields une répulsion viscérale pour les enfants, qu’il présente comme des attardés indécrottables. Il est bougon, odieux, hypocondriaque, anticlérical et globalement opposé à tout ce qui règle l’ordre immuable d’une société qu’il affirme exécrer.
Et pourtant, Boris est plutôt sympathique.
